Politique

Les entreprises belges, sondées par la Banque Nationale, s'attendent à ce que les effets de la guerre durent au moins un an

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Comme elle l'a fait au cours de la crise du Covid, la Banque Nationale de Belgique a sondé les entreprises du pays pour connaître l'impact que la crise en Ukraine a sur leurs activités. 2415 entreprises privées, répartie dans tout le pays et de différentes tailles, ont participé à l'enquête.

Les liens commerciaux avec la Russie et l'Ukraine se concentrent sur certains secteurs

Ce qui ressort en premier de l'enquête, c'est que, parmi les entreprises qui ont participé à l'étude de la BNB, celles qui ont des liens directs avec la Russie ou l'Ukraine sont les moins nombreuses.  Quand il s'agit d'importer en provenance de ces deux pays, c'est dans les entreprises liées à l'agriculture que la proportion est la plus importante, avec jusqu'à 40% d'entreprises concernées, devant l'industrie manufacturière avec un peu plus de 20% et les transports et la logistique avec 20%.  Pour les autres secteurs, le pourcentage d'entreprises qui déclarent importer des biens de Russie est très limité, voire nul. Du côté des exportations, c'est un peu la même chose. A part l'industrie manufacturière, les transports et le commerce en gros, les ventes à destination de l'Ukraine et de la Russie sont quasi nulles. 

C'est dans les entreprises de plus grande taille qu'on trouve la plus grande proportion d'entreprises ayant des partenaires en Ukraine ou en Russie. 

C'est dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie manufacturière, voire du transport et de la logistique qu'on a le plus de liens commerciaux directs avec l'Ukraine ou la Russie, soit pour s'approvisionner, soit pour exporter.   

Cela n'empêche pas les entreprises belges sondées par la Banque Nationale de constater des difficultés d'approvisionnement, car comme l'expliquent les experts de la BNB, il y a des importations indirectes. Des produits achetés, par exemple, en France peuvent dépendre de la Russie.  Et même si une entreprise achète peu de composants en Russie, elle peut être freinée si ces composants sont nécessaires au processus de production. 

Les entreprises confirment une dégradation de la situation

Après le Covid, lors de la reprise des activités, les problèmes d'approvisionnement s'étaient intensifiés, jusqu'en octobre dernier.  Depuis lors, jusqu'en février de cette année, ces difficultés avaient diminué.  En revanche, depuis le début de la guerre en Ukraine, les entreprises constatent nettement une tendance inverse.  "Dans le secteur manufacturier, par exemple, on avait 46% des entreprises qui rapportaient des problèmes d'approvisionnement en février. Maintenant, c'est passé à 66%. C'est une forte augmentation", explique Geoffrey Minne, du service d'Etudes de la Banque Nationale de Belgique. 

Cela se traduit, sans surprise, par une hausse des coûts des "inputs", soit ce qu'il faut acheter pour faire tourner l'entreprise et produire. Il n'y a que 5% des entreprises qui déclarent ne pas connaître d'augmentation, alors qu'une entreprise sur trois environ connaît une hausse supérieure à 50% et un autre tiers une hausse comprise entre 20 et 50%.  Seuls des secteurs comme les services, les finances, les activités de support déclarent être épargnés par la hausse du coût des "inputs". 

Sans surprise, dans ces inputs, la part liée à l'énergie est importante. Pour environ une entreprise sur trois, l'énergie représente plus de 10% des "inputs".  Pour beaucoup d'entreprises, le prix de ces "inputs" s'est renchéri de plus de 50% depuis six mois. 

Plusieurs obstacles à la production sont identifiés

Les entreprises consultées par la Banque Nationale relèvent une série d'obstacles qui freinent leur production.  Il y a, bien entendu, les prix de l'énergie et les prix des matières premières et les difficultés d'approvisionnement qui sont les trois problèmes les plus cités.   Viennent ensuite la grande incertitude qui plane actuellement, le coût des salaires, en lien avec l'indexation automatique, et des risques de voir la demande des consommateurs et clients baisser. 

Le degré d'inquiétude dépend aussi de la taille des entreprises.  Pendant la période du Covid, c'étaient surtout les petites entreprises, de moins de 10 employés, qui étaient inquiètes face à l'avenir.  Aujourd'hui,  ce sont les entreprises de taille moyenne, entre 10 et 50 personnes, et celles de plus 50 salariés qui s'inquiètent le plus de l'évolution de la situation. 

La plupart des entreprises s'attendent à ce que les effets négatifs de la guerre en Ukraine durent plus d'un an.  36% des entreprises se préparent à une guerre qui dure entre un et deux ans. 16% des entreprises tablent sur une période de deux à trois ans.  Les plus pessimistes, 7% des entreprises, craignent que cela dure plus de trois ans. 

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