Environnement

Les guêpes en avance sur leur temps, mouches et moustiques à l’abordage : la faute à la météo

06 juil. 2022 à 15:22 - mise à jour 07 juil. 2022 à 12:41Temps de lecture3 min
Par Kamel Azzouz et Sylvia Falcinelli

L’été sera chaud, et les indésirables pique-assiette sont nombreux à s’inviter dans nos chaumières et nos jardins cette année. Mouches, moustiques et guêpes, les conditions météorologiques de ces derniers mois ont été plus que favorables à ces nuisibles. L’alternance des pluies abondantes et des hautes températures est le cocktail idéal pour leur prolifération.

Chaleur, pluie et frayeurs

Vous l’avez sans doute constaté… Ce sont des escadrons de guêpes, de mouches et de moustiques qui nous envahissent en ce moment. Les récentes précipitations et les températures clémentes ont influencé leur cycle de reproduction. Les spécialistes de ces petites bêtes qui nous embêtent constatent une recrudescence particulièrement en ce moment.

Frédéric Francis, professeur en entomologie à la faculté de sciences agronomiques de Gembloux, le confirme : " Le fait d’avoir eu beaucoup de pluie, et maintenant d’avoir des périodes de chaleur importantes a un impact sur les populations d’insectes qui se développent plus rapidement dans des conditions optimales. Si on continue avec cette même association météorologique, on peut s’attendre effectivement à une abondance d’insectes en général. "

Les guêpes en avance sur leur temps

Avec les mouches et les moustiques, les guêpes font partie des insectes les plus impopulaires du royaume. Friandes de fruits, de nectar et de pollen, elles peuvent s’inviter à nos tables lorsqu’elles ne trouvent pas assez de nourriture dans la nature. Cette année, elles nous font la surprise d’arriver plus tôt.

Frédéric Francis constate cette précocité et cette abondance : " Je vous confirme que l’apparition des guêpes de ces derniers jours est plus précoce que d’habitude. Evidemment, le fait d’avoir des températures élevées fait qu’il y a une activité supplémentaire et donc une nécessité pour ces guêpes de se nourrir. C’est pour cela qu’on les voit vraiment à proximité des personnes et des domiciles. "

Déloger un nid de guêpes est extrêmement dangereux. Il est donc vivement conseillé de faire appel à des spécialistes, si elles ont décidé d’élire domicile chez vous sans votre consentement.

Les moustiques et les mouches à l’abordage

Les mouches et les moustiques ont la capacité d’avoir plusieurs générations par an qui dépendent du climat. Les grosses chaleurs du mois de juin et les récentes périodes de pluie sont la parfaite combinaison pour accélérer leur cycle de reproduction. Un œuf de moustique pondu à même le sol peut survivre plusieurs mois. Une fois au contact de l’eau, il peut éclore.

Frédéric Francis, professeur en entomologie à la faculté de sciences agronomiques de Gembloux, souligne que : Le fait d’avoir eu des périodes de pluies abondantes, on va avoir de l’eau stagnante. C’est le nid idéal pour la reproduction des moustiques et donc le développement des larves. Si on dépasse les 25°, cela va accélérer leur cycle et donc les larves vont se développer sur un temps beaucoup plus réduit. C’est pourquoi on a une émergence d’adultes plus importante actuellement. "

Les mouches vont se développer sur toute une série de matières organiques en décomposition. Cela peut-être des déchets végétaux, des déjections animales, etc. Si on a une humidité nécessaire pour le développement des larves et en même temps des températures élevées, cela va raccourcir également leur cycle de croissance. "

Pour éviter une invasion de mouches dans votre habitation, il est recommandé de ne pas leur offrir le couvert en veillant à bien fermer les poubelles.

Réchauffement climatique et biodiversité

Si certaines espèces d’insectes profitent des effets du réchauffement climatique pour se reproduire plus facilement, d’autres espèces locales tendent à disparaître. De plus, nos contrées deviennent une terre d’accueil pour d’autres variétés qui traversent les frontières pour s’y installer. Frédéric Francis nous fait part de l’impact du réchauffement climatique sur la biodiversité : " Le climat et l’environnement deviennent plus hostiles pour certaines espèces endémiques qui sont moins fréquentes ou qui disparaissent. Cependant, ce réchauffement climatique est favorable aux espèces exotiques ou à d’autres qui remontent du Sud jusque chez nous. Donc cet équilibre de notre biodiversité évolue un peu. Il y a aussi un aspect d’abondance comme on peut l’observer avec les mouches ou les moustiques. "

Autant dire qu’il faudra s’armer de patience tout en préférant des solutions écologiques pour se protéger de ces nuisibles qui nous hantent jusqu’au bout de la nuit.

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