Culture & Musique

Les humoristes belges adorés : qu’est-ce qui fait leur succès ?

Gérémy Credeville et Guillermo Guiz

La première édition du Lillarious, un festival d’humour qui met le Nord à l’honneur, a accueilli le gala "Stand-up in the rain", coprésenté par Guillermo Guiz et Gérémy Credeville. Avec leurs invités, ils ont enchanté Lille ces 4 et 5 février.

L’occasion de faire découvrir de nouveaux humoristes dont une partie est venue tout droit de Belgique. Et le maître de cérémonie, Guillermo Guiz, n’y est pas pour rien. "On a énormément de jeunes talents et c’est une manière de les mettre en avant", explique-t-il. "Si je peux le faire, c’est génial. La roue tourne. Il y a des gens qui m’ont tendu la main quand j’ai commencé." A son tour, il aide les nouveaux talents belges encore peu connus dans l’hexagone en leur offrant de la visibilité et un soutien précieux.

Guillermo Guiz
Guillermo Guiz © Tous droits réservés

"Guillermo, c’est le fer de lance de l’humour belge ici", confie la jeune humoriste Lisa Delmoitiez, "et il nous entraîne avec lui." Une bienveillance qui transparaît sur scène, à chaque fois qu’il annonce la venue de l’un d’eux.

Lisa Delmoitiez
Lisa Delmoitiez © Tous droits réservés

D’autant que la scène du Nouveau Siècle à Lille, où s’est tenu le gala, peut accueillir plus de 1600 personnes. Pour certains, c’est une première dans une salle aussi grande. Ajoutez à cela un public français qui ne les connaît pas, le stress est bien présent.

"Il y a une pression supplémentaire. Je ne suis pas à la maison, pas à Bruxelles. Ici, je me sens loin de mes repères et j’espère que mes blagues sont exportables", s’inquiétait Lisa Delmoitiez à quelques heures de son passage sur scène.

Et elle n’était pas la seule. Parmi les talents belges présents, il y avait aussi Dena ou encore Inno JP et Kody. Et tous sont parvenus à convaincre.

Dena
Dena © Tous droits réservés

Exporter ses blagues

L’opération séduction hors de nos frontières demande parfois de s’adapter dans l’écriture. C’est ce qu’a dû faire Guillermo Guiz. Chroniqueur sur France Inter, le stand-upper tourne aussi en France avec son deuxième spectacle "Au suivant". "Au départ, j’écrivais essentiellement pour la Belgique parce que je n’avais jamais imaginé faire ces blagues en France. Aujourd’hui, j’écris des blagues en me demandant si les Français vont les comprendre aussi."

Les humoristes belges ont envahi la France et cette tendance ne semble pas près de s’arrêter. "La mafia de l’humour belge s’étend de plus en plus et donc on est toujours super bien accueilli", se réjouit Kody. "Il y a une humeur belge qui est recherchée et qui plaît aux Français. Ils sont contents de nous avoir donc on ne va pas se priver." Et les choses ont évolué. "Il n’y a plus le Belge de service. Mais quand tu dis que tu es Belge et humoriste, tu sens que les gens se disent 'je vais quand même écouter' et ils trouvent qu’on propose souvent des choses intéressantes et donc on bénéficie de ce plus."

Kody
Kody © Tous droits réservés

Mais il n’y a pas que le public qui apprécie. Gérémy Credeville considère que les humoristes belges sont les plus drôles de la francophonie. "Ils ont un côté absurde qui est assez impressionnant. Ils ouvrent une voie parallèle à l’humour et foncent dedans."

La France, un passage obligé ?

Pour Lisa Delmoitiez, la France n’est pas un passage obligé mais elle a conscience que cela permet de développer réellement sa carrière. "Quand je regarde le parcours des autres, si tu veux vivre de ça et pouvoir tourner un minimum, aller en France, c’est bien."

La France serait surtout un endroit stratégique. "C’est le centre de la francophonie. D’ici, on est exposé à tous les autres pays francophones. Le terrain de jeu est plus grand. Il y a plus d’opportunités. Donc moi j’ai envie de me marrer dans une cour de récréation plus grande", confie Kody.

Humoristes belges à Lille

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Le monde de l’humour se déploie

Un enjeu d’autant plus important que la place de l’humour ne cesse de grandir. Alors, l’humour sera-t-il enfin reconnu comme un art majeur ? C’est ce que pense Grégoire Furrer. C’est à lui que l’on doit le très réputé Montreux Comedy créé il y a plus de 30 ans et, aujourd’hui, le Lillarious. "A l’époque où j’ai créé le Montreux, il devait y avoir deux ou trois festivals dans le monde. C’était vraiment le tout début. Il n’y avait pratiquement pas de spectacles d’humour. Aujourd’hui, il s’invite partout : que ce soit à la radio, à la télé, sur scène, il y a des plateaux d’artistes tout le temps. Ça s’est extrêmement développé. C’est vraiment en passe de devenir un art majeur."

La crise sanitaire actuelle aurait joué un rôle dans le développement de cet art. "On s’est rendu compte que c’était un genre moderne, du moment et qui s’impose. Cette évolution est importante." Ce qui touche d’autant plus Grégoire Furrer aujourd’hui, "c’est de voir de plus en plus de jeunes qui s’intéressent à l’humour. Ce qui est quand même mieux pour l’avenir".

Le monde de l’humour ne cesse de se développer et aura réussi à prouver qu’il est indispensable à la société. Ça tombe bien, la Belgique semble avoir entre ses mains un certain nombre d’atouts.

Grégoire Furrer, fondateur du Lillarious et du Montreux Comedy
Grégoire Furrer, fondateur du Lillarious et du Montreux Comedy © Tous droits réservés

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