Les immatriculations automobiles au plus bas en juillet depuis dix ans

Le marché des voitures neuves s’effondre cet été.

© Getty Images

03 août 2021 à 12:43Temps de lecture3 min
Par Jean-Christophe Willems

27.596, c’est le nombre de voitures neuves immatriculées chez nous en juillet, c’est 38% de moins que l’an dernier à pareille période. Jamais au cours des dix dernières années on était descendu sous la barre des 30.000 immatriculations. Le moins bon résultat date de 2016 avec 34.373 immatriculations. On était à plus de 45.000 en 2019 et à peine quelques centaines en moins l’an dernier (44.532 exactement). Alors, qu’est-ce qui explique ce résultat catastrophique pour les constructeurs, qui reprenaient pourtant du poil de la bête après l’année 2020 marquée par le Covid ?

 

Encore et toujours cette pénurie de puces électroniques

Cela fait des mois que ça dure et ce n’est pas près de s’arranger. Le monde entier est en manque de semi-conducteurs, ces puces électroniques que l’on trouve dans toutes les voitures modernes. Mais leur utilisation est surtout concentrée dans le monde des appareils électroniques comme les smartphones, les ordinateurs, les appareils photos, les consoles de jeux, les téléviseurs, etc.… Et avec les confinements planétaires et l’avènement du télétravail, la demande pour ces composants a explosé alors que des usines étaient fermées, soit pour cause de pandémie, soit pour des problèmes conjoncturels (incendie, sécheresse). Dans ce marché qui pèse plus de 400 milliards de dollars annuellement, le monde est tributaire de l’Asie et le secteur automobile n’est pas le plus grand client. Résultat des courses : les usines peinent à assembler leurs voitures. "Il semble que les carnets de commandes soient plutôt remplis chez nos membres", explique Christophe Dubon, le porte-parole de la Febiac, la Fédération Belge de l’Automobile et du Cycle. "Un peu partout, des usines stockent les voitures sur leurs parkings en attendant d’être livrées avec les composants électroniques. Il y a donc du retard à la livraison. Et ce phénomène concerne aussi bien les voitures que les motos ou les véhicules utilitaires légers."

Mais les puces n’expliquent pas tout

Sur l’ensemble de l’année, le marché belge connaît une très légère diminution de 0,4% par rapport à la déjà mauvaise année 2020. Logique pourrait-on croire avec cette pénurie de puces. Pourtant, dans le même temps, le marché européen a lui progressé de 25% alors qu’il est frappé par les mêmes maux. L’explication est peut-être à chercher du côté des acheteurs belges. Car la baisse des immatriculations est majoritairement due aux particuliers, beaucoup moins aux professionnels et entreprises. Par rapport à juillet de l’an dernier, ces clients particuliers sont moitié moins nombreux à avoir immatriculé un véhicule. Pour Christophe Dubon : "Il y a des spécificités belges. Avec toutes les décisions régionales concernant l’interdiction future des véhicules thermiques, le particulier hésite. Il ne veut pas faire le mauvais choix et se retrouver avec un véhicule quasi invendable dans 7 ou 8 ans parce qu’il ne répond pas à certaines exigences."

A cela, on pourrait ajouter quelques éléments spécifiques qui doivent probablement jouer un rôle d’une manière ou d’une autre. La crise sanitaire a permis de développer le télétravail et, d’une certaine manière, économiser des véhicules qui ont moins roulé. Bon nombre de voitures de stock ont été vendues sans pouvoir être remplacées. On se retrouve donc inévitablement avec des délais d’attente assez long dès la commande d’un véhicule neuf. Enfin, le marché belge n’est pas le plus important aux yeux des fabricants. Dans une situation de crise, on a toujours tendance à favoriser son marché national au détriment de l’exportation.

Il est sans doute un peu tôt pour tirer des conclusions définitives, mais après deux mauvais mois d’affilée, le secteur n’affiche plus le sourire du début d’année, quand on pensait que les mauvais jours étaient révolus.

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