Politique

Les jeunes de 16 ans pourront voter aux prochaines élections européennes de 2024

Il y aura des électeurs de 16 ans dans les isoloirs de Belgique en 2024.

© Jc Milhet / Hans Lucas AFP

Le Parlement l’a approuvé ce jeudi : en Belgique, le vote sera ouvert aux jeunes dès 16 ans aux prochaines élections européennes de 2024.

Dès 16 ans, les jeunes pourront donc voter, pour contribuer à désigner les élus belges qui siégeront pour cinq ans au Parlement européen comme eurodéputés. Pour les jeunes de 16 à 18 ans, ce vote ne sera pas obligatoire : ceux qui le souhaitent devront s’inscrire, sur le registre électoral, pour devenir électeurs.

L’âge est aussi revu à la baisse pour afficher son visage sur les affiches électorales pour l’Europe : les jeunes pourront se présenter sur les listes du Parlement européen dès 18 ans et non plus 21 en Belgique.

La Belgique franchit donc un pas en ouvrant ses isoloirs aux jeunes citoyens de 16 ans. À ce jour, seuls trois autres États européens ont baissé l’âge du droit de vote en-dessous de 18 ans : la Grèce (17 ans), l’Autriche (16 ans) et Malte (16 ans).

Une idée qui a fait du chemin

Cette question a fait l’objet de débats au Parlement, mais aussi hors des assemblées politiques.

Elle a été discutée par les "panels citoyens" de la "Conférence sur l’avenir de l’Europe", un vaste chantier de participation citoyenne lancé par les institutions européennes il y a un an.

Les citoyens participants, dans les 27 États de l’Union, ont fait émerger 325 recommandations communes, dont cette possibilité pour les États membres de baisser l’âge du droit de vote aux élections européennes.

Un boulevard pour plus de jeunes au Parlement européen ?

Y aura-t-il pour autant plus de jeunes parmi les élus de Belgique au Parlement européen ? Et beaucoup plus de jeunes votants ?

En Belgique, ce changement ouvre potentiellement les isoloirs à 270.000 jeunes supplémentaires âgés de 16 et 17 ans et quelque 13.000 vivant à l’étranger. Ils pourraient venir s’ajouter à tous les autres jeunes, de 18 ans et plus, qui devront voter pour la première fois en 2024 : les "primo votants" pourraient donc être nombreux au prochain scrutin européen.

Mais combien vont effectivement saisir ce droit de vote élargi ? Quelles variations géographiques, sociales, verra-t-on ?

Une génération engagée mais plutôt hors des murs

Les études font consensus : il s’agit d’une génération assez engagée, mais pas forcément attirée par les urnes, les partis et les institutions tels qu’ils existent. L’abstention élevée des jeunes en France l’a bien illustré, lors de l’élection présidentielle.

Cette envie d’une "autre politique" ressort aussi des témoignages recueillis par la RTBF auprès des jeunes qui ont participé en février à Bruxelles à la "Conférence sur l’avenir de l’Europe".

Nihad, par exemple, soulignait : "Notre génération est née avec les téléphones portables, les réseaux sociaux, l’information à la minute. On entend tout. On sait ce qui se passe à l’autre bout du monde en quelques secondes. On est beaucoup plus touché par la politique. On entend souvent que les jeunes sont apolitiques de nos jours, que la politique ne nous intéresse plus. Non ! La politique nous intéresse ! C’est juste qu’elle nous intéresse d’une autre manière : on veut être sur le terrain".

Le possible attrait de l’Europe

Mais l’Europe est un niveau de pouvoir déterminant pour le thème que les jeunes européens mettent en tête de leurs préoccupations, dans les sondages : le changement climatique. C’est au niveau de l’Union européenne que s’orientent les politiques agricoles des 27 États membres (avec sa "Politique Agricole commune"). L’Europe a des leviers importants pour préserver la biodiversité, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie ou des transports. C’est aussi à ce niveau que peuvent se décider des accords commerciaux internationaux que dénoncent, notamment, les jeunes de "Youth for climate".

L’Union européenne a également été un niveau de pouvoir de premier plan ces derniers mois, davantage que les États seuls, face à la guerre en Ukraine ou face au coronavirus.

Les jeunes de 16 à 18 ans vont-ils considérer le vote aux élections européennes comme un levier pour les sujets qui les préoccupent ? Ou préfèreront-ils l’engagement dans la rue ? Ou les deux ? Ou aucun des deux ? Aujourd’hui, en tout cas, cette nouvelle voie leur est ouverte.

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