Les médecins prescrivent trop d'analgésiques opioïdes, des antidouleurs très puissants

La prescription de ce type d'analgésique est facile

© VIRGINIE LEFOUR - BELGA

19 août 2016 à 07:51 - mise à jour 19 août 2016 à 07:51Temps de lecture1 min
Par RTBF

Un analgésique opioïde est type d'antidouleur très puissant destiné à normalement à apaiser les patients qui suivent un traitement chimiothérapeutique.

Mais les opioïdes servent de plus en plus à soulager d'autres douleurs. On en consomme deux fois plus qu'il y a 10 ans parfois dans des cas où ils ne sont pas nécessaires et cela peut être dangereux.

Ces antidouleurs sont des dérivés de la morphine, utiles pour des gens qui luttent contre le cancer. Par contre, pour cet anesthésiste bruxellois ils ne devraient pas être utilisés pour les maux de dos ou des articulations, comme c’est souvent le cas: "C’est très utilisé en médecine générale, et peut-être un peu trop, parce que la prescription est facile, parce que les firmes pharmaceutiques ont fait un lobbying intensif et du coup on arrive à des utilisations abusives de ces médicaments".

Devenir accro

Et c’est dangereux parce qu’on peut devenir accro. Effet relaxant, bien-être: c’est une drogue. Il existe d’ailleurs un vrai marché noir. Et puis il y a les effets secondaires aussi et certains médecins, pas spécialistes, ne maîtrisent pas toujours la complexité du traitement.

"Cela devient dangereux s’il n’y a pas de contrôle et s’il y a, par exemple, un non-respect de la dose, une augmentation des doses, un usage abusif, ou récréatif d’autres drogues. Donc là, on arrive franchement à des risques de mort, à un point tel que, par exemple aux États-Unis, c’est devenu un fléau" poursuit cet anesthésiste.

Là-bas, on l’appelle la cocaïne du pauvre. Les opioïdes tuent plus que l’héroïne. Le chanteur Prince est d’ailleurs mort d’une overdose d’antidouleurs. On n’en est pas encore là en Belgique, mais vu la surconsommation depuis quelques années certains médecins sont inquiets.

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