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Les ménages européens n’ont jamais eu autant de cash sur leurs comptes !

La plupart des personnes en Belgique n’ont pas été licenciées (ou pas encore) et sont soit salariées dans le privé – et elles ont gardé leur salaire ou ont été payées par l’État via le chômage temporaire – soit fonctionnaires – qui ont par définition gard
27 mai 2020 à 08:16Temps de lecture2 min
Par Amid Faljaoui

C’est l’un des multiples paradoxes de cette crise extraordinaire, et c’est l’excellent Marc Fiorentino, l’auteur de la lettre d’information Meilleurplacement.com, qui a attiré mon attention sur le sujet suivant : vous savez que tout le monde vous parle de la crise actuelle en la comparant avec celle de 1929 : ça ne fait pas nécessairement plaisir à entendre, car c’était une époque très dure, avec des cohortes de chômeurs et des banquiers qui se suicident. En tout cas, c’est l’image que l’on s’en fait rapidement, quand on évoque 1929.

Sauf que l’époque est différente, fort heureusement d’ailleurs, et ne serait-ce que parce que nos banques sont plus solides qu’en 1929, notamment grâce à la crise de 2008, à la suite de laquelle les gouvernements ont imposé aux banques des fonds propres plus importants. Merci donc à la crise de 2008 : elle aura au moins servi à nous éviter que nos banques soient mal en point à un moment crucial de notre vie.

Mais ce sur quoi Marc Fiorentino a attiré mon attention, ce n’est pas cet aspect-là des choses, mais le fait que les ménages européens n’ont jamais eu autant de cash, autant d’épargne forcée sur leurs comptes. Les Français ont mis en mars dernier 20 milliards d’euros de côté, contre une moyenne de 3,8 milliards. Les Italiens ont mis de côté 16 milliards contre 3,4 d’habitude, et les Espagnols 10 milliards, contre 2,3. Je n’ai pas vu les chiffres pour la Belgique, mais cela ne doit pas être triste non plus. Donc, oui, c’est une crise, mais une sortie de crise durant laquelle les ménages, en moyenne, ont plus d’épargne qu’avant la crise, ce qui est une première historique.

Un grand nombre de personnes forcées à épargner

Et c’est logique, comme l’explique le Financial Times, la bible des hommes et des femmes d’affaires. On parle des difficultés des secteurs de l’horeca et du secteur de l’événementiel, mais la plupart des personnes en Belgique n’ont pas été licenciées (ou pas encore) et sont soit salariées dans le privé – et elles ont gardé leur salaire ou ont été payées par l’État via le chômage temporaire – soit fonctionnaires – qui ont par définition gardé leur salaire. Donc c’est clair que, comme les restaurants et les commerces étaient fermés, toutes ces personnes ont été forcées d’épargner.

Et elles vont encore continuer à épargner, tant qu’elles n’auront pas confiance à 100% que le virus a disparu ou qu’un traitement existe pour le soigner. D’après l’assureur allemand Allianz, à la fin de l’année 2020, il y aura 400 milliards d’euros sous forme d’épargne supplémentaire en Europe. Tous les commerçants salivent sur cette épargne forcée, mais cet argent ne sera hélas dépensé que lorsque la confiance reviendra. Prions pour que cela ne soit qu’une question de semaines et pas de mois !

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