Belgique

"Les mesures ne devraient pas être aussi fortes si un variant se révèle moins virulent" estime Leïla Belkhir, infectiologue à Saint-Luc

07 févr. 2022 à 22:01 - mise à jour 07 févr. 2022 à 22:05Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot
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La Belgique va-t-elle passer sous code orange ? Le Codeco programmé ce vendredi va-t-il assouplir certaines mesures sanitaires ? La baisse des contaminations et le recul des admissions à l’hôpital le laissent penser. Plusieurs pays en Europe ont d’ailleurs laissé tomber certaines restrictions. Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB estime en effet que la Belgique peut se permettre certains assouplissements sans pour autant tout relâcher.

Code orange ?

Pour passer le cap, il faudrait théoriquement se situer entre 65 et 149 nouvelles hospitalisations par jour et entre 300 et 500 lits occupés en soins intensifs par des patients Covid. Et quand on examine les chiffres, seul un des deux paramètres est atteint pour pouvoir appliquer le code orange. Alors, que faut-il faire ? Pour Leïla Belkhir, infectiologue aux cliniques Saint-Luc, le baromètre devrait aussi intégrer un critère lié à la virulence du variant. "Les mesures ne devraient pas être aussi sévères lorsqu'un variant se révèle moins virulent."

La difficulté avec ce baromètre, c’est qu’il se base sur des chiffres absolus, souligne Marius Gilbert, et ne prend pas en compte une tendance. "Ce n’est pas la même chose d’être à un certain niveau d’hospitalisation dans une phase de décroissance, que d’être au même niveau dans une phase de croissance. D’un autre côté, les responsables politiques se sont gardés la possibilité d’une certaine marge de manœuvre dans les décisions à appliquer dans le cadre du baromètre".

Vaccination excessive ?

La couverture vaccinale est très élevée en Belgique, et pourtant les contaminations sont importantes. Est-il vraiment nécessaire d'encourager autant la population à se faire vacciner, notamment les personnes qui ne sont pas à risque et les plus jeunes ? Pour Leïla Belkhir, l’impact de la vaccination sur les hospitalisations est clair et n’est plus à démontrer. "En termes de mortalité et d’hospitalisation, ce qu’on a vécu en 2021 n’est pas du tout comparable à ce que nous avons traversé en 2020. La grosse différence, c’est la vaccination. Cependant, la vaccination a montré ses limites, notamment avec Omicron, qui à la capacité d’échapper plus facilement au système immunitaire. Pour les adultes, il y a clairement un intérêt à être vacciné parce qu’on peut se retrouver hospitalisé même sans aucun facteur de risque".

Omicron, renfort pour l’immunité collective ?

Marius Gilbert estime qu’il faut briser la croyance qu’Omicron est complètement inoffensif. "Le variant est beaucoup moins problématique pour notre société parce qu’il arrive dans une population qui est largement vaccinée, qui a même reçu un boost, et qu'il est moins dangereux que le variant Delta. C’est la combinaison de ces paramètres qui nous amène à comptabiliser moins d’hospitalisations malgré le nombre élevé de contaminations".

Taux d’anticorps et protection ?

A entendre Marius Gilbert, il n’y a pas une très bonne correspondance entre le taux d’anticorps et la protection que le vaccin confère. "La présence d’anticorps indique que l’on a été vacciné ou infecté. C’est une bonne chose. Mais le dosage des anticorps en tant que tel n’est pas une mesure suffisante qui permettrait de conclure que l'ont est protégé. Ce qui importe, c’est la répétition de la stimulation du système immunitaire, que ce soit par la vaccination ou l’infection".

 

 

 

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