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Les motos belges Saroléa sont de sortie

80 motos Saroléa de toutes les époques en un seul lieu

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FN, Gillet Herstal et Saroléa. Des marques de motos Liégeoises qui ont fait la fierté de tout le pays durant la première moitié du vingtième siècle. Supplantées par la technologie japonaise, ces marques ont fini par disparaître mais leur production a survécu. La preuve avec cette grande exposition temporaire sur le site du prestigieux musée Autoworld.

1901 : premier modèle à moteur
1901 : premier modèle à moteur © Tous droits réservés

80 motos, 50 collectionneurs, 1 organisateur

Pour monter cette exposition, Moamar Nardone, passionné de motos anciennes depuis tout petit (son père en possédait plusieurs centaines) n’a pas ménagé sa peine. Pendant six mois, il a mis ses activités professionnelles entre parenthèses pour arpenter les routes et ramener au musée 80 machines, toutes différentes, prêtées par une cinquantaine de propriétaires. "J’ai fait un peu près 20.000 km avec mon van pour aller voir et récupérer des motos. Et il faudra refaire les trajets inverses après le 18 septembre", explique amusé l’organisateur.

Connu dans le milieu de la collection de motos anciennes, Moamar a pu ouvrir pas mal de portes pour rassembler autant de Saroléa. "Si on peut en trouver à deux ou trois mille euros, certaines qui sont présentes ici coûtent plus de 100.000 euros. Cette 36C factory Racer, qui a battu le record de vitesse à Francorchamps, n’est même pas cotée car il s’agit d’un exemplaire unique. C’est la première moto au monde à double arbre à came en tête. L’histoire raconte que deux ingénieurs anglais en auraient volé les plans pour les revendre à Norton…" Moamar connaît tous les modèles et toutes leurs spécificités techniques. Et est intarissable sur le sujet !

Moamar Nardone, le passionné par qui tout est arrivé
Moamar Nardone, le passionné par qui tout est arrivé © Tous droits réservés

Un pan d’histoire

La marque Saroléa existe toujours. En fait, elle a été reprise et n’a plus rien à voir avec l’entreprise de jadis. Elle est active dans la fabrication de batteries, comme celle qui équipe la Trevor Racer, une nouvelle moto belge présente dans l’exposition et qui sera à l’essai le 11 septembre prochain devant le musée.

Point d’électrique il y a 121 ans, mais bien un petit moteur essence greffé sur un cadre de vélo. Car avant de fabriquer des motos, Saroléa faisait des vélos (et encore avant : des armes !). La période faste de la marque est celle des années 20 où on vend plus de 4500 motos par an. Mais à l’exception d’un bicylindre à plat de 1000 cc, Saroléa reste cantonné dans des petites cylindrées, principalement des 350 et 500 centimètres cubes. Elle fournira la gendarmerie, l’armée et même le futur roi Baudouin.

Après la Seconde Guerre Mondiale, Saroléa mise sur le sport et la compétition en lançant des motos de vitesse et de cross. Mais les ventes diminuent, d’autant qu’on privilégie des petits modèles simples à moteur deux temps alors que les grands constructeurs développent de plus grosses machines à quatre temps. En proie à des difficultés financières, Saroléa est rachetée par son concurrent Gillet en 1960 et la marque belge disparaît quelques années plus tard.

L’exposition à Autoworld rassemble des modèles de toutes les périodes et de tous les styles. De la première génération au side-car de l’armée en passant par les machines de course et même l’étonnant scooter Djinn (une Rumi italienne simplement rebadgée). Dans la foulée, un livre devrait voir le jour et Moamar Nardone va aussi s’atteler à la création d’un club Sarroléa. Car aussi étrange que cela puisse paraître, il n’existe pas encore de site ou groupe officiel rassemblant les passionnés de la marque emblématique. En attendant, les amateurs ont un mois pour découvrir la plus grande exposition sur Saroléa.

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