Biodiversité

Les moules de la Tamise connaissent un net déclin depuis les années 60

Les moules de la Tamise connaissent un net déclin depuis les années 60.

© Damocean/Getty Images

02 déc. 2022 à 15:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec ETX

Depuis 1964, les moules de la Tamise ne cessent de décliner. Non seulement la plupart des espèces de moules qui peuplent ce fleuve ont perdu en taille mais certaines d'entre elles ont totalement disparu. Un phénomène que des chercheurs de l'université de Cambridge associent (entre autres) à la pollution des eaux et au changement climatique. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer cette théorie.

Toujours plus rares et plus petites

Les moules d'eau douce qui vivent dans la Tamise sont de moins en moins nombreuses. Une équipe de chercheurs de l'université de Cambridge a étudié l'évolution de ce mollusque dans le célèbre fleuve anglais de 1964 jusqu'en 2020, dans un tronçon près de Reading. Et d'après leurs conclusions, les moules de cette zone de la Tamise connaîtraient un déclin continu à partir de cette période.

L'étude, publiée dans le Journal of Animal Ecology, fait état de la disparition totale de certaines espèces de moules. C'est notamment le cas de la moule de rivière déprimée (Pseudanodonta complanata), classée "espèce vulnérable" dans la liste rouge de l'Union nationale pour la conservation de la nature.

Les moules d'eau douce ont également diminué en taille : moins 7,5% par rapport à 1964.

D'après l'étude, ce phénomène peut s'expliquer par plusieurs facteurs : la prolifération des espèces invasives (comme les bivalves non indigènes) mais aussi la pollution des eaux, qui modifie l'apport nutritif des moules ainsi que la modification de leur habitat liée au changement climatique.

Leur disparition nuirait à la santé des rivières

Or le déclin des moules d'eau douce n'est pas sans conséquence sur les écosystèmes des rivières. "Une moule adulte peut filtrer jusqu'à 40 litres d'eau par jour, éliminant ainsi de grandes quantités d'algues et maintenant les rivières propres", explique Isobel Ollard, doctorante au département de zoologie de l'université de Cambridge et auteure de l'étude, au Guardian. "Ces changements vont impacter d'autres espèces d'eau douce et l'équilibre plus large des écosystèmes."

Étant donné que les recherches n'ont été menées que sur un seul site, les auteurs des travaux soulignent la nécessité d'élargir le spectre à d'autres zones de la Tamise ainsi qu'autres plants d'eau douce en Europe, afin d'en savoir plus sur les raisons de ce déclin. "Cette étude démontre l'importance vitale de maintenir des connaissances à jour sur les populations sauvages, y compris pour les espèces qui ne sont pas actuellement classées comme menacées", concluent ces derniers.

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