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Les panneaux publicitaires ont-ils encore leur place devant les hôpitaux ?

La pub a-t-elle sa place devant les hôpitaux ?
14 juin 2022 à 06:33Temps de lecture3 min
Par Marie Bourguignon

A Liège, devant l’hôpital de la Citadelle, une demi-douzaine de panneaux sont installés depuis 1996. On y retrouve régulièrement des publicités pour des boissons sucrées, alcoolisées ou encore des fast-foods qui n’ont pas leur place devant un hôpital, c'est en tout cas ce que pensent certains. Ces panneaux profitent largement à JCDecaux, propriétaire du mobilier publicitaire car depuis 15 ans, aucune contrepartie financière n’a été versée à l’hôpital ou à la ville de Liège.

Du gras, du sucré, du salé

Sur les panneaux placés devant l'hôpital, on retrouve régulièrement des publicités pour des produits alimentaires qu’un médecin ne recommanderait pas à ses patients. C’est suite à une interpellation de Vert Ardent à ce sujet que l’hôpital a décidé de renégocier son contrat avec JCDecaux. "La question du bien-être de nos patients, c’est évidemment inscrit dans notre ADN." souligne Antoine Gruselin, porte-parole de la Citadelle. "Maintenant, comment peut-on définir la malbouffe ? C’est un débat subjectif. Par rapport à d’autres messages qui seraient plus politiques ou extrémistes la question de la malbouffe est plus compliquée à définir au niveau législatif."

 

N’importe quel interlocuteur ne peut pas interpeller un nos partenaires sur n’importe quel type de produit en lui disant qu’il n’est pas bon.


L’hôpital prévoit donc d’aborder prochainement ces questions avec le propriétaire du mobilier publicitaire. Nous avons contacté l’entreprise qui, à l’heure actuelle, refuse de faire des choix auprès des annonceurs. "Non, non, cela ne pourra pas être possible" affirme Jérôme Blanchevoye, porte-parole chez JCDecaux, "N’importe quel interlocuteur ne peut pas interpeller un nos partenaires sur n’importe quel type de produit en lui disant qu’il n’est pas bon et en nous disant de retirer la publicité. Il y a un état, un législateur, des pouvoirs publics dont c’est le rôle de décider ce qui est autorisé ou pas en publicité, de ce qui est autorisé ou pas à la vente. Tous les produits qui sont vendus respectent un certain nombre de normes qui sont extrêmement strictes pour la santé des gens."

 

JCDecaux propose aux annonceurs de bonbons de cibler leur campagne sur les panneaux qui se trouvent à moins de 500 mètres d’une école.

De son côté, le collectif Liége sans pub se penche depuis longtemps sur les questions éthiques qui découlent du choix des emplacements de ce type de panneaux. "Les publicitaires sont à la recherche d’emplacements qui leur permettent de cibler des populations spécifiques." nous explique un de ces porte-parole, "A Liège, JCDecaux propose, par exemple, aux annonceurs de bonbons de cibler leur campagne sur les panneaux qui se trouvent à moins de 500 mètres d’une école."

100% de bénéfices pour le propriétaire du mobilier publicitaire

Le contrat signé entre l'hôpital et le JCDecaux date d'il y a près de 25 ans. Après sa signature, il a été un peu oublié. A l’époque, la Citadelle se satisfait d'un arrangement avec le propriétaire de mobilier urbain : des panneaux publicitaires sont installés devant l’hôpital en échange de la construction d’abribus. "C’était une manière de fonctionner, il y a quasi trente ans" raconte Antoine Gruselin, porte-parole de la Citadelle "Les panneaux étaient installés et, en contrepartie, ils plaçaient des abribus. Il est clairement mis dans la convention que nous ne touchions aucun cent par rapport à ces publicités."

Le contrat signé avec JCDecaux s’étalait sur une période de 12 ans. En 2008, au moment de la fin du contrat, rien ne se passe, les panneaux restent en place et le propriétaire du mobilier publicitaire en profite depuis. Jérôme Blanchevoye, porte-parole chez JCDecaux ne le voit pas sous cet angle. "Le modèle de JCDecaux, c’est : je vous fournis un service et je finance le service avec la publicité. Un abribus ça coûte très cher à entretenir et maintenir dans le temps. Le contrat a continué à produire ses effets au-delà de sa date de fin parce que les uns et les autres ont continué à être satisfait du produit. Maintenant, si demain, la Citadelle nous dit ne plus vouloir travailler avec nous et bien nous démonterons notre mobilier, il n’y a pas de soucis."


A Liège, l’hôpital de la Citadelle est le seul à être doté de panneaux publicitaires du genre. Chez JCDecaux, les contrats avec les hôpitaux sont rares en Belgique.

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