Santé physique

Les personnes victimes de discriminations raciales vieilliraient plus vite, révèle une étude

Les personnes victimes de discriminations raciales vieilliraient plus vite, révèle une étude
09 déc. 2020 à 13:00Temps de lecture2 min
Par RTBF Tendance avec AFP

C’est ce que révèle une vaste étude lancée aux États-Unis en 1996, qui s’est intéressée au rôle des symptômes dépressifs dans la relation entre discriminations raciales durant l’enfance et vieillissement accéléré à l’âge adulte.


Lire aussi : Les différentes étapes du vieillissement découvertes par des scientifiques


800 familles afro-américaines pendant 25 ans

Ces résultats proviennent d’une étude d’envergure, The Family and Community Health Study (FACHS), qui a suivi plus de 800 familles afro-américaines pendant près d’un quart de siècle pour examiner l’impact de certains facteurs sur les parents et leurs enfants. Pour ce faire, des données ont été collectées auprès des participants tous les 2-3 ans, notamment par enquêtes autodéclarées. Au cours des dernières années, les chercheurs ont également eu recours à des prélèvements sanguins qui permettent par exemple de déterminer si tel ou tel participant est biologiquement plus âgé ou plus jeune que son âge chronologique.

Dans ce cas précis, les auteurs de l’étude se sont intéressés à l’impact des discriminations raciales sur la santé de ces familles afro-américaines. Les recherches se sont concentrées sur 368 participants avec des données d’expression génétique utilisables pour le calcul du vieillissement accéléré, ainsi que des données sur d’autres variables comme les discriminations raciales et la dépression.

Des symptômes dépressifs, voir une dépression

L’étude révèle qu’une forte discrimination subie entre 10 et 15 ans était associée à des symptômes dépressifs, voire à une dépression à un âge estimé entre 20 et 29 ans, qui était elle-même associée à un vieillissement cellulaire accéléré. Le tout a été déterminé après contrôle du sexe, et de la consommation d’alcool et de cigarettes. Les auteurs de cette enquête précisent que l’effet indirect de la discrimination raciale sur le vieillissement par la dépression entre 20 et 29 ans était particulièrement significatif.

"Ces résultats soutiennent les conceptualisations de la recherche selon lesquelles le stress au début de la vie dû à la discrimination raciale conduit à des états affectifs négatifs durables qui se poursuivent jusqu’à l’âge adulte, ce qui entraîne un risque de vieillissement accéléré et éventuellement de maladie et de mortalité prématurées chez les Afro-Américains", concluent les chercheurs.

Cette étude révèle que l’alimentation, l’activité physique, et le tabagisme ne sont pas les seuls facteurs responsables d’une accélération du vieillissement ; certaines conditions et expériences sociales entrant a fortiori également en jeu. Les chercheurs devraient désormais se concentrer sur le processus du vieillissement accéléré, déterminant puisque ce dernier est responsable de l’apparition précoce des maladies cardiaques, du diabète, de l’arthrite, ou encore de la démence.

Les résultats de l’étude sont disponibles en consultation sur ce site.

Sur le même sujet

Confinement : on observe une consommation excessive d'alcool

Santé & Bien-être

Les personnes âgées seraient plus respectées au Japon et en Chine qu'aux Etats-Unis

Psychologie

Articles recommandés pour vous