RTBFPasser au contenu

Belgique

Les pesticides contribuent au déclin rapide des populations d’abeilles belges

Les pesticides contribuent au déclin rapide des populations d’abeilles belges

Les pesticides contribuent au déclin rapide des populations d’abeilles belges, confirme une note d’orientation de la plateforme pour la biodiversité belge, la Belgian Biodiversity Platform, publiée mardi. Ils contribuent en effet à la perte de populations de pollinisateurs en provoquant une mortalité directe ou en affaiblissant leur immunité, leur capacité à se nourrir ou à se reproduire.

Les effets des pesticides dépendent de la toxicité de leurs composants, mais aussi du niveau et de la durée de l’exposition. En outre, les pollinisateurs sont susceptibles d’être confrontés à des combinaisons de pesticides sur le terrain, ce qui peut entraîner une plus grande sensibilité, expliquent les experts dans leur travail collaboratif mené à l’initiative du Service public fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement. Les pesticides ont également des effets néfastes indirects sur les pollinisateurs.

Les herbicides contribuent, eux, à la disparition de pollinisateurs tels que les abeilles en éliminant les fleurs sauvages et autres mauvaises herbes, supprimant ainsi leurs sources de nectar ou de pollen, mais aussi des sites de nidification. "En Belgique, cet effet est accentué par le paysage fragmenté et la prédominance de pratiques agricoles de monoculture intensive", analysent les experts.

Alors que les pesticides sont encore utilisés en masse pour la production alimentaire, 80% des cultures et des fleurs sauvages utilisées dans l’UE dépendent pourtant dans une certaine mesure d’insectes pour la pollinisation, rappelle la Belgian Biodiversity Plateform.

Un impact coûteux

La disparition des abeilles est en outre un phénomène coûteux. La contribution annuelle des insectes pollinisateurs à l’agriculture européenne est estimée à environ 15 milliards d’euros, les abeilles (y compris les abeilles domestiques, les bourdons et les abeilles solitaires) représentant la majeure partie des revenus.

Rien qu’en Belgique, 11% des cultures destinées à l’alimentation humaine peuvent être attribuées aux pollinisateurs, illustre la Belgian Biodiversity Platform, une interface science-politique née à l’initiative du Bureau de la politique scientifique belge (Belspo)

La détérioration des services de pollinisation qui va de pair avec le déclin des populations de pollinisateurs peut dès lors compromettre la capacité de l’agriculture à répondre aux demandes d’une population humaine en constante augmentation, met en garde la plateforme.

Pour inverser cette tendance, face à laquelle "il est urgent d’agir", les experts de la Belgian Biodiversity Plateform recommandent aux pouvoirs politiques de renforcer les analyses d’exposition aux pesticides et leurs effets sur les pollinisateurs, d’assurer une gestion efficace des données et d’adopter des alternatives aux pesticides.

Sur le même sujet...

Archive du JT du 24/4/2018

L'UE interdit trois pesticides jugés dangereux pour les abeilles

JT 13h

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

24 mai 2022 à 10:06
3 min
16 mai 2022 à 07:57
1 min

Articles recommandés pour vous