Economie

Les pompistes belges frontaliers s’inquiètent de la baisse des prix du carburant en France

Les clients risquent de se faire rares dans les stations essence belges frontalières

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01 sept. 2022 à 06:57Temps de lecture2 min
Par Julien Malpas

Les pompistes belges proches de la frontière Française sont inquiets. Ce jeudi, le gouvernement français augmente sa remise sur le carburant (de 18 à 30 centimes du litre). Les prix sont donc en forte diminution. Le litre d’essence peut même descendre jusqu’à 1euro50 chez certains enseignes, qui pratiquent une double remise ! La différence de prix peut donc s’élever jusqu’à 50 centimes du litre entre la Belgique et la France !

Côté français, si les prix diminuent, les pompistes ne perdront pas d’argent, car ils profitent d’une aide temporaire de l’état. Au contraire, ils peuvent même se frotter les mains. Hors micro, certains nous confirment attendre beaucoup de Belges dès aujourd’hui. Leur chiffre d’affaires devrait donc augmenter. Mais côté Belge, la situation est toute autre…

Vu la forte différence de prix, les Belges risquent d’être nombreux à passer la frontière pour préserver leur portefeuille. Les pompistes proches de la France, redoutent donc de voir partir leur clientèle. Charlotte Tahon gère 6 stations-service à la frontière, entre Mons et Tournai, et aujourd’hui, elle est inquiète : "On a quand même déjà beaucoup de personnes qui traversent la frontière pour aller chercher de l’eau, ou d’autres produits qui sont moins taxés en France. La seule chose qui nous reste encore un peu, pour le moment, ce sont les cigarettes. Il ne faudrait pas que cette situation dure trop longtemps. On emploie quand même 5 personnes. Il faut que notre chiffre fonctionne, parce que sinon on ne peut pas payer le personnel…".

Inquiétude aussi pour les supermarchés et les magasins alimentaires

Mais pour cette gérante, les pompistes ne sont pas les seuls à devoir craindre cette baisse de prix en France. Les supermarchés et les magasins alimentaires pourraient eux aussi perdre des clients : "Je pense qu’ils vont aussi être touchés. Avec le coût de la vie qui augmente, beaucoup de Belges frontaliers vont faire leurs courses en France. En temps normal ils y allaient 1 par mois pour y faire des grosses courses, puis allaient faire des petites courses près de chez eux, pour compléter. Mais désormais, ils vont peut-être aller 2 ou 3 fois par mois en France pour faire le plein, et en profiter pour faire toutes leurs courses par la même occasion".

Tenir bon jusqu’en 2023

Ce mercredi, le CODECO a décidé de prolonger jusqu’au 31 mars 2023 certaines mesures, comme la réduction des accises sur les carburants à la pompe. Mais pour faire face à cette situation, certains pompistes, comme Charlotte Tahon, demandent au gouvernement d’aller encore plus loin : "On pourrait encore baisser les accises de 9,5 centimes. Ça ne sera peut-être pas une solution miracle, mais il faut au moins essayer pour qu’on n’ait pas trop d’impact".

En attendant les stations belges peuvent tout de même apercevoir une lumière au bout du tunnel pour les pompistes belges… Cette diminution des prix en France n’est que temporaire. Dès le 1er novembre, la remise repassera de 30 centimes à 10 centimes le litre. Avant de totalement disparaître le 1er janvier prochain. La situation pourrait même s’inverser, puisque notre pays profitera encore d’une diminution d’accises temporaire. Les prix pourraient alors redevenir moins chers en Belgique.

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