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Les premières noisettes sèches 100% belges arriveront en 2024

Benoit Genin dans son champ de noisetiers

Que ce soit sous la forme de pâte à tartiner, de poudre à gâteau ou concassées dans une barre chocolatée, les noisettes font partie de ces petits délices du quotidien appréciés de nombreux consommateurs belges. Il n'est pas rare non plus de voir des noisetiers pousser à l'état sauvage au cœur de nos forêts ou venir agrémenter un jardin privé. Pourtant, si ce fruit à coque semble s'épanouir sous nos latitudes ainsi que dans nos habitudes alimentaires, il n'en existe à l'heure actuelle aucune culture significative en Belgique, la majeure partie de notre consommation étant importée de pays étrangers tels que la Turquie, l'Italie ou encore la France. 

"Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est une culture qui n'a jamais été vraiment connue chez nous et qu'il est toujours difficile de lancer quelque chose en partant de zéro" explique Benoit Genin, agriculteur dont l'exploitation de Sart-Saint-Laurent (commune de Fosses-la-Ville) jouxte les communes voisines de Mettet et de Profondeville en province de Namur. Éleveur de porcs de sixième génération, il a décidé de relever ce défi et se rêve désormais en pionnier d'une nouvelle filière agricole belge.

Ainsi, sur une vingtaine d'hectares, il a planté pas moins de 12 000 pieds de noisetiers qui s'étirent à perte de vue et forment la première véritable culture belge de noisettes sèches : "Il y a bien un champ de deux hectares à Fernelmont, mais celles-là sont destinées au marché des noisettes fraîches, ce qu'on fait ici est unique dans notre pays. J'aime innover, prendre des risques et je cherchais un bon moyen de me diversifier pour ne plus dépendre seulement de l'élevage porcin".

Un produit de haute qualité

Après s'être documenté auprès d'agronomes dans le Piémont (nord de l'Italie), une région réputée pour la qualité de ses noisettes, et après avoir acquis la certitude que cette culture pouvait être rentable en Wallonie, son choix s'est arrêté sur une variété bien précise de noisette, adaptée au climat namurois : "C'est la variété Tonda Gentile, comme celle du Piémont. Pour ne pas être prise dans les gelées tardives au printemps, il fallait qu'elle bourgeonne le plus tard possible et en même temps que la récolte puisse se faire le plus tôt possible, dès la fin du mois d'août, avant les intempéries d'automne".

Si le marché mondial de la noisette sèche est largement dominé par la Turquie (environ 85% de la production globale), Benoit Genin n'envisage pas sérieusement de concurrencer les volumes de production turcs mais plutôt de se démarquer en proposant un produit de la plus haute qualité possible : "Ce n'est pas nous qui allons concurrencer les prix de vente pratiqués par la Turquie, le but c'est de se distinguer par la qualité. On ne veut pas d'un modèle où, comme en Turquie, ce sont des enfants qui sont employés à deux euros de la journée. On veut aussi pouvoir allier la culture de la noisette avec la protection de la biodiversité, être responsable sur tous les aspects de la culture".

Une filière complète 

Lauréat de l’édition 2021 du concours Agri-Innovation, Benoit Genin ne projette pas seulement de récolter chaque année plusieurs dizaines de tonnes de noisettes sur sa parcelle, mais également de les y transformer. Après avoir été ramassées, elles seront lavées, triées selon leurs dimensions, cassées et même blanchies directement sur place. "Pour les vendre, c’est important de les transformer un minimum, c'est exactement ce à quoi on en train de réfléchir et de voir comment nous allons pouvoir les distribuer a des transformateurs finaux comme des chocolatiers par exemple". 

Il ne le cache pas non plus, il espère entraîner dans son sillage d’autres agriculteurs à la recherche d’un moyen de diversification. "On a vraiment la volonté d'offrir un service qui va de A à Z. Si quelqu'un dispose d'un terrain quelque part en Wallonie, on peut l'aider à en évaluer le potentiel. S'il s'avère possible d'y planter des noisetiers, alors ça peut aller de la fourniture des plants jusqu'à la récolte et au rachat des noisettes pour les transformer ici." 

Si, pour l’instant, les 12000 noisetiers de Sart-Saint-Laurent ne sont encore que des arbustes d’un demi-mètre de hauteur environ, ils commenceront déjà à produire des noisettes à partir de 2024 pour ce qui concerne le premier hectare planté en 2020, et à partir de 2025 pour l’ensemble de la culture. 

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