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Les producteurs de fraises en serre sont eux aussi touchés par la hausse des prix de l’énergie

Hausse des matières premières, coûts énergétiques qui flambent... Produire des fraises en ce moment coûte nettement plus cher!
29 mars 2022 à 09:27Temps de lecture2 min
Par Julien Malpas

La saison des fraises arrive, doucement mais sûrement. Encore faut-il les produire. Pour cela, certains exploitants utilisent des serres, qu’il faut encore chauffer. Et vu la hausse des prix de l'énergie, cela risque de couter cher.

Plus de 25°, un taux d'humidité élevé... Dans les serres de la Fraiseraie de Franière, c'est l'été avant l'heure. Une chaleur indispensable pour produire des fraises de qualité. "Dès que le soleil se lève, il faut maintenir une certaine chaleur dans la serre. Par contre, la nuit, il faut garder une température aux alentours de 7 à 8 degrés", explique Bernard Verstraete, gérant de l'exploitation. Et c'est justement cette variation de température qui consomme le plus. Et donc, qui coûte le plus.

Jusqu’en 2015, la Fraiseraie de Franière chauffait ses serres en utilisant une chaudière au mazout. Mais depuis, l’exploitant utilise un système de biomasse en plaquettes de bois alimenté en électricité. "Le bois, pour le moment, je ne le paie pas plus cher. Mais la chaudière, il faut qu’elle tourne à l’électricité, comme toutes les pompes, les mélangeurs, l’ouverture de la serre, les pompes qui donnent de l’eau aux fraises…

Désormais, la Fraiseraie de Franière chauffe ses serres via un système de biomasse en plaquettes de bois alimenté en électricité.
Désormais, la Fraiseraie de Franière chauffe ses serres via un système de biomasse en plaquettes de bois alimenté en électricité. RTBF

Et cette électricité, elle a un coût. Surtout en ce moment. "Pour l’instant, je paie mon électricité tous les mois à un prix forfaitaire. Mais ce prix sera recalculé à la remise des index. Et là, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. La facture risque d’être salée". Le producteur réfléchit donc à installer des panneaux solaires pour adoucir la douleureuse.

Une hausse à tous les niveaux

A cette note énergétique salée, il faut encore ajouter des matières premières en hausse à tous les niveaux : +30% d’augmentation pour le prix des tunnels en plastique et les raviers en carton ; et même 50% d’augmentation pour les plateaux en bois et les engrais.

Les prix de certains plants ont également grimpé, car les pépiniéristes ont dû les conserver dans un frigo qui fonctionne à l’électricité. "Certains chauffent encore leurs serres au fuel. Ils doivent chauffer moins et cela risque donc de retarder leurs premières fraises. Ici, avec le beau temps des dernières semaines, on a su faire des économies. Mais si on avait eu 15 jours de ciel couvert avec 5°, je crois qu’il y en a beaucoup qui auraient tiré la langue."

Des prix toujours incertains

Selon Bernard Verstraete, la hausse des prix de production peut difficilement se répercuter sur les clients. Car le prix de vente va dépendre de la consommation : "C’est la loi de l’offre et de la demande. Si les gens boudent le marché, ça fera effet boule de neige et le prix sera moins bon. Ce n’est pas au producteur de dire "J’ai dû dépenser autant, je dois les vendre autant". On est tributaire du prix du marché."

Avis aux amateurs : les premières fraises de Franière devraient arriver vers le 15 ou le 20 avril.

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