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Politique

"Les Quatre Saisons" de Zakia Khattabi, c’est au nom de ses parents

Les Quatre Saisons De Zakia Khattabi

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Le podcast "Les Quatre Saisons" évolue : nous partons désormais à la rencontre d’une personnalité politique pour revenir sur sa carrière, sonder les raisons profondes de son engagement, loin des studios, sur un terrain qu’elle a choisi. Le tout en laissant tout le temps qu’il faut à l’invité.

Après le libéral Jean-Luc Crucke, c’est l’écologiste Zakia Khattabi qui se prête au jeu des "Quatre Saisons".

Nous sommes mi-janvier, un frais matin d’hiver. Le variant Omicron est partout. Nous marchons dans Ixelles pendant toute l’interview, mais nous gardons nos masques. Pas l’idéal pour le son, tant pis. Pas bien grave, même. Zakia Khattabi a envie de parler, elle a des choses à dire. Alors, allons-y.

Qui est réellement Zakia Khattabi ? La réponse à cette question est un secret bien gardé. Ses collègues de gouvernement, ou de parti, vous parleront d’elle, vous diront des choses très sympathiques, ou moins : c’est le lot de toutes les personnalités politiques. Mais il n’est guère commun d’avoir si peu d’éléments personnels à glaner auprès des collègues.

"Le monde politique et ses nominations, ça reste de l’entre-soi"

C’est que la quadragénaire provoque, régulièrement, de l’étonnement : lorsqu’elle était coprésidente d’Ecolo, le parti a été secoué par ses prises de position, sa communication, sa méthode, loin des codes habituels. Lorsqu’elle négocie l’accord de gouvernement bruxellois, à l’été 2019, les libéraux flamands découvrent une personnalité bien loin de ce qu’on leur avait "vendu". "Je ne suis jamais où on m’attend" dit-elle souvent. Hasard du calendrier, ce matin de janvier, lorsque nous enregistrons cet épisode, Jean-Luc Crucke vient de démissionner du gouvernement wallon et s’apprête à rejoindre, d’ici l’automne, la Cour constitutionnelle. Cette même cour que notre invitée a tant voulu servir et qui s’est dérobée à elle par deux fois, en 2020. Le retour dans l’actualité de la cour a ravivé "une blessure, et plus que je ne me l’imaginais", admet-elle.

Deux ans plus tard, deux ans après ses échecs pour être élue à la "Cour constit", Zakia Khattabi a une idée de ce qui a joué contre elle : "Je ne suis pas du sérail, je n’ai pas de réseau. J’ai naïvement cru que selon les règles du jeu établies, je répondais à l’ensemble des critères et donc, il n’y avait aucune raison que ça ne passe pas. C’est le plus dur à avaler. Le monde politique et ses nominations, ça reste de l’entre-soi. C’est vrai que je reste un profil atypique en politique et je n’ai pas mesuré que j’en payerais un tel prix. L’analyse que j’en fais aujourd’hui, c’est celle-là, c’est plus collectif. Aujourd’hui, vous pouvez essayer de faire de la politique autrement, à un moment donné vous le payez cash."

Solitaire

La Bruxelloise de naissance apprécie la solitude, une réelle incongruité dans un monde politique où il faut savoir serrer des mains, lever le coude et jouer le jeu. Après bientôt quinze de vie politique, il est trop tard pour la changer. Et elle-même ne le voudrait pas : elle trace sa route, à sa façon. Quitte à valser dans le décor, comme ce soir d’assemblée générale où les "miens" comme elle appelle ses coreligionnaires de parti, l’ont mise en minorité.

Deux ans et demi plus tard, Zakia Khattabi le concède, dans un rare mea culpa d’une personnalité politique : "Je ne suis pas mère Thérésa, hein. J’ai aussi, sans doute, moi dit des choses, fait des choses, même si l’intention n’y était pas, qui ont eu des effets bien au-delà de ce que moi, j’imaginais."

La ministre fédérale du Climat garde un cap, le sien, qui n’est pas influencé par une doctrine ou un parti. La boussole de Zakia Khattabi, c’est "la dignité. Mon moteur reste mes parents, même en politique. Ma première préoccupation n’est pas de me dire 'tiens, qu’est-ce que mon parti va penser', non. Mais plutôt comment ma mère et tous ceux qu’elle représente peuvent encore me faire confiance, même s’ils ne sont pas d’accord avec ma décision."

Elle était là, la clé de Zakia Khattabi. Au nom de ses parents.

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