Hip-Hop

Les rappeurs wallons ont le vent en poupe

La période des festivals est bien lancée avec notamment le festival les Ardentes qui l'a bien démontré cette année. À l'affiche, beaucoup de rappeurs et depuis quelques années, on observe que de plus en plus de rappeurs "wallons" sont programmés. Avec les plateformes de streaming, nombreux sont ceux à avoir été découverts. Ils ont signé sur des labels français, ce qui a boosté leur carrière. En 2022, les réseaux sociaux cassent aussi les codes. Venir de Wallonie n'est apparemment pas un frein quand on veut percer dans le rap.

Les réseaux sociaux pour se faire connaître

Ritchy Boy, 24 ans, originaire d'Écaussinnes. Il a récemment signé avec un label français.
Ritchy Boy, 24 ans, originaire d'Écaussinnes. Il a récemment signé avec un label français. © RTBF

Premier exemple avec Ritchy Boy, 24 ans, originaire d'Écaussinnes, dans le Hainaut. Pas facile de venir d'une petite ville. Alors, pour diffuser sa musique, il utilise les réseaux sociaux.

Nous le rencontrons sur les quais de la gare, et déjà quelques-uns de ses fans le reconnaissent. Il nous explique : "Je n’ai pas accès à tout ce qui est salle de concerts, événements, maisons de jeunes où on peut se regrouper et faire des textes, des ateliers d’écriture… Il n’y a pas ça. Mais j’ai la chance d’avoir appris par moi-même."

Ritchy est déjà bien connu et reconnu.
Ritchy est déjà bien connu et reconnu. © RTBF

Ritchy s'est fait connaitre en 2018, grâce au concours Instagram "1minute2rap" qu'il remporte à 2 reprises.

En l'absence de studio professionnel, le rappeur écrit et enregistre ses morceaux dans sa chambre. Un pari gagnant. Il a signé sur un label français. Cela devrait lui donner plus de moyens pour réaliser ses projets.

Ritchy Boy : "Ce qui fait la musique avant tout, c’est ce que j’ai appris, mes inspirations, mes envies et surtout la détermination. C’est ça qui fait tout le taf."

"Au départ, je ne pensais pas du tout qu’avec le peu de matos que j’ai, je pouvais arriver à quelque chose dans la musique." se rappelle-t-il, " Puis je me suis rendu compte avec le temps que ce qui faisait la musique avant tout, c’était ce que j’avais appris, mes inspirations, mes envies et surtout la détermination. C’est ça qui fait tout le taf."

De la cathédrale de Tournai aux paysages d'Islande

De son côté, Youssef Swatts, 24 ans, est un rappeur originaire de Tournai. À l'âge de 13 ans, il commence à " gratter " ses premiers textes et à participer à des freestyles.

Enfant de sa ville, les rues lui servent de décors pour ses clips et la maison de jeunes de studio d’enregistrement. Un soutien essentiel selon lui : " Là où les maisons de jeunes occupaient une place importante, c’est qu’elles nous offraient les moyens de concrétiser ce qu’on faisait. "

La cathédrale de Tournai sert de décor aux premiers clips de Youssef Swatts.
La cathédrale de Tournai sert de décor aux premiers clips de Youssef Swatts. © RTBF
Johakim Chajia, coordinateur de la maison de jeunes Masure 14 : "On les aide pour les enregistrements en studio, pour la réalisation de clips."

Johakim Chajia est coordinateur de la maison de jeunes Masure 14 et raconte ce qui est fait au sein des maisons de jeunes pour aider les artistes en herbe : "On a essayé des ateliers d’écriture. On les aide pour les enregistrements en studio, pour la réalisation de clips. On leur propose des scènes. Mais notre objectif, ce n’est pas de faire de l’argent sur les jeunes."

Dans ses clips, Youssef est passé de la Cathédrale de Tournai aux plaines d'Islande. Le Tournaisien sort son troisième album, "Pour que les étoiles brillent". Dix ans après avoir commencé le rap, il gagne enfin sa vie grâce à la musique. Lui aussi a récemment signé sur un label français, il explique ce que cela a changé pour lui :

Youssef Swats : "C'est un rêve de gosse qui se réalise."

"Le fait de signer sur un label, d’abord ça me donne plus de temps, parce qu’aujourd’hui c’est devenu mon métier. Donc c’est déjà un rêve de gosse qui se réalise. Et pouvoir me dire qu’aujourd’hui, faire du rap c’est vraiment mon quotidien, c’est quand même cool. Cela étant, signer sur un label, ça donne aussi plus de crédibilité."

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Une véritable (r)évolution

Akro est membre du célèbre groupe liégeois "Starflam". Il se souvient du chemin qu'il y avait à parcourir dans les années 90 pour être diffusé :

Akro, du groupe Starflam.

"Ça part de maisons de jeunes, de petites répétitions, se faire remarquer sur scène, rentrer dans le système de disques avant de rentrer dans le système de maisons de disques. Nous, ce qui est curieux, on a dû aller du côté flamand. On a dû franchir la frontière linguistique, on est passé sur STUBRU (Studio Brussels ndlr), la première radio qui nous a diffusés. Mais aujourd’hui, les jeunes n’ont plus besoin de ça."

En 2022, les rappeurs wallons ne cessent de franchir la frontière belge.

Le Verviétois Green Montana a signé sur le label de Booba et le Ansois Fresh La Peufra, est le récent gagnant de la série concours française "Nouvelle école". 

Akro ne peut que constater une belle évolution : "Si on m’avait dit il y a 10 ans que Booba allait signer pour un Wallon, je ne l’aurais pas cru non plus. C’est bien qu’il y ait un contre-exemple, ça veut dire que ça part d’abord du talent, avant de partir du quartier ou de l’arrondissement… Et puis ça part des plateformes."

Des plateformes où les rappeurs wallons se classent parfois premiers avec de centaines de millions d'écoutes cumulées. De la chambre à la scène, il n'y a plus qu'un pas, ils sont nombreux à être programmés dans les festivals tout l'été.

Fresh La Peufra.
Green Montana.
Patchwork de rappeurs wallons.

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