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Les Grenades

Les séries, vectrices de représentations qui changent la donne

Les Grenades - Série d'Eté

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29 août 2022 à 09:52Temps de lecture41 min
Par Mathieu Neuprez, une chronique pour Les Grenades

La websérie La Théorie du Y, c’est près de 5 millions de vues, pas moins de 13 prix en festival et trois saisons.

Pour résumer l’histoire de la série, dans les 2 premières saisons, le public suit l’histoire d’Anna, une jeune travailleuse en couple depuis des années avec un homme mais qui ressent de la lassitude, ce qui l’amène à se poser des questions sur ses orientations sexuelles ainsi que sur des sentiments refoulés.

Petit à petit, Anna embrasse sa bisexualité. Dans la troisième saison, sortie cette année, on découvre de nouveaux personnages et principalement Gaspard, aide-soignant dans une maison de repos, qui forme un couple fusionnel avec sa compagne à qui il ne cache rien, même pas son attirance pour les hommes. Un désir qu’ils décident d’explorer main dans la main.

C’est donc cette fois-ci la bisexualité masculine qui est le thème phare de cette troisième saison, même si on y aborde bien d’autres thèmes. Cette troisième est toujours aussi réussie et remplit un rôle éducatif.

La Théorie du Y – Saison 3 – Bande-annonce

La Théorie du Y | Saison 3 | Bande-annonce

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Sous-représentation des personnages LBTQIA + à l’écran

Je dois bien avouer que j’aurais aimé grandir avec un cours d’éducation sexuelle à l’école secondaire qui se serait servi de la série comme fil conducteur. J’ai étudié dans une école hyper catholique et conservatrice. Pour tout dire, c’est à peine si ces fameuses leçons n’étaient pas données par un jésuite ayant fait vœu d’abstinence…

Et ces modèles, toutes ces représentations, c’est quelque chose qui a manqué à toute ma génération et qui en a fait souffrir plus d’un·e.

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J’aurais aimé découvrir les différentes identités de genre avec Jules, l’héroïne d’Euphoria. J’aurais adoré explorer ma sexualité avec Sex Education. J’aurais raffolé pouvoir assimiler les relations amoureuses dans toute leur complexité avec La Théorie du Y.

Mais voilà, pour ma génération, à la télé, on avait plutôt le choix entre le sex-appeal de Navarro, les clichés des Feux de l’amour ou le machisme de Nicky Larson.

Depuis les débuts du cinéma, l’homosexualité est très rarement montrée à l’écran. Et quand elle l’est, elle est montrée comme quelque chose de drôle, honteux ou même effrayant. Tout ça à cause d’un code de censure, le code Hays datant de 1930 et resté d’application jusqu’en 1966. Les premiers homosexuels étaient donc des personnages considérés comme anormaux ou placés dans le rôle du mauvais : des abuseurs d’enfants, des victimes de violence ou des drag-queens.

Pendant trente ans, le code Hays a diabolisé les personnages LGBTQIA + au cinéma, les stigmates de cette période sont encore présents aujourd’hui dans la sous-représentation de ces personnages à l’écran.

Extrait de la série La Théorie du Y.
Extrait de la série La Théorie du Y. © Tous droits réservés

Les choses changent

Le rapport Where We are On TV, publié chaque année recense les personnages LGBTQIA + représentent 11.9% des personnages apparus à la télévision à une heure de grande écoute en 2021. C’est un record et la bonne nouvelle, c’est que ces chiffres sont chaque année en hausse.

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Le groupe Disney a d’ailleurs déclaré cette année vouloir instaurer des quotas pour la communauté LGBTQIA + notamment. On vient ainsi d’apprendre que dans le prochain long métrage d’animation des studios Disney, Avalonia, l’étrange voyage, nous pourrons suivre les aventures du premier héros principal homosexuel de l’univers Disney.

En conclusion, cette révolution épargnera toute une génération, qui ne devra plus se coltiner Navarro, les Feux de l’amour et Derrick à la télévision…

Cette chronique a été écrite pour la troisième saison des émissions d’été des Grenades, tous les dimanches de l’été de 17h à 18h sur La Première-RTBF.


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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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