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Les sportifs se confi(n)ent, Ismaël Debjani : "Difficile de rester un sportif de haut niveau dans ces conditions"

Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, Ismaël Debjani, est quelque peu dépité par cette situation inédite
10 avr. 2020 à 09:00Temps de lecture2 min
Par David Bertrand

Comme tous les sportifs de haut niveau sous contrat avec l’ADEPS, le demi-fondeur Ismaël Debjani peut accéder aux infrastructures sportives comme le Blocry. C’est là qu’il se rend plusieurs fois par semaine pour ses séances de "spécifique". "Pour l’endurance, je tourne dans le quartier" explique le recordman de Belgique du 1500 mètres (3'33''70). "C'est une petite boucle de 5 km que j’effectue 3 ou 4 fois."

Pour le reste, pas de changement fondamental dans sa façon de s’entraîner. Juste une organisation quelque peu différente. "Je dois juste m’adapter aux horaires d’ouverture du Blocry qui n’est pas accessible le week-end et qui ferme à 16h45, pour le reste, je limite la casse et je parviens à garder un bon état de forme. On s’adapte comme on peut."

Mais le plus difficile pour Ismaël, comme d’ailleurs pour tout un chacun, c’est l’isolement. "On communique beaucoup par messagerie avec mon entraîneur et mon préparateur physique. Mais quand les séances sont difficiles, on manque clairement d’encouragement même si c’est l’athlé est un sport solitaire et qu’on a l’habitude de ça. Pour le moment, je gère mais je ne pourrai pas garder ce niveau dans ces conditions-là pendant six semaines. Et puis, ce qui est très difficile également, c’est l’absence d’objectifs et de perspectives. On ne sait même pas quand la saison va débuter."

Autre contrainte, tenter de conserver une hygiène de vie de sportif de haut niveau, une alimentation saine et un rythme de vie régulier là où le confinement incite à la mal-bouffe et à des journées moins bien balisées. "Vu qu’on vit au jour le jour, on a tendance à moins bien respecter les règles qu’on se fixe habituellement."

Se pose également le souci des soins auxquels recourent les sportifs de haut niveau en principe plusieurs fois par semaine. Pas de contact physique avec le kiné ou Ostéopathe, il faut donc se débrouiller seul. "J’utilise un Compex (un électrostimulateur), de la presso thérapie et un pistolet à percussion pour limiter les courbatures et récupérer un peu plus vite. Mais ce n’est évident pas la même chose qu’une thérapie manuelle. En croisant les doigts pour que je ne me blesse pas sérieusement parce que là, je serai bien embêté."

Ismaël Debjani qui a eu beaucoup de difficultés à accepter la décision du report des jeux olympiques. "En 2016, j’ai raté la qualification pour les Jeux pour 3 jours et cette fois, je comptais me qualifier sur 1.500 mètres avant de passer sur 5.000 mètres à partir du mois de septembre 2020. Je vais donc devoir continuer le 1.500 mètres un an supplémentaire et prendre mon mal en patience."

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