Ce n'est pas tout

Les Symphonies inachevées de Franz Schubert

Schubert At Work

© 5C°Getty Images – Berni Schoenfield

10 oct. 2022 à 12:10Temps de lecture2 min
Par D'après la chronique de Patrick Leterme

En 1989, le compositeur italien Luciano Berio compose une œuvre intitulée Rendering. Derrière ce titre et cette composition, se cachent les esquisses de ce qui aurait pu être la dernière symphonie de Franz Schubert, une "autre" Symphonie inachevée, non pas la huitième, qui en porte le titre, mais bien une dixième, dont il a griffonné les quelques notes dans un cahier.

Lorsqu’on parle de la Symphonie inachevée de Franz Schubert, nous pensons immédiatement à sa Symphonie n°8, composée en 1822 et qui ne comporte que deux mouvements. Mais cette symphonie inachevée n’est pas la dernière symphonie de Schubert. Il faut dire que Schubert avait la petite manie de commencer des œuvres pour ensuite passer à autre chose. Et dans cette catégorie, les esquisses d’une dizièmene symphonie arrivent en tête de peloton.

Dans les dernières semaines de sa vie, Schubert a laissé derrière lui des bribes de symphonies n°10, juste sur deux portées musicales de cinq lignes… Mais rien de la main de Schubert qui ressemble à une partition d’orchestre et aussi et surtout, on retrouve dans ce manuscrit, des vides.

En 1989, le compositeur italien Luciano Berio compose Rendering, un "rendu" de cette symphonie n°10 de Schubert composé sur base de ces fameuses esquisses. Berio est un compositeur d’avant-garde, expérimental, sans tabou… Et pour son Rendering, l’objectif n’est pas du tout d’achever la symphonie de Schubert "à la manière de Schubert". Ce qu’il propose, c’est une œuvre hybride. Là où Schubert a laissé la base de sa manière, Berio l’orchestre dans le style schubertien. Et puis, il y a ces zones vides dans le manuscrit. Là, on bascule dans une couleur musicale complexe et trouble. Elle est marquée à tous les coups par l’apparition du célesta, ce clavier à clochettes qui participe à l’ambiance rêveuse de ces sections.

Comme le dit Berio lui-même, sa démarche a été similaire à celle de la restauration des fresques de Giotto à Assise, le but de certains restaurateurs étant de redonner des couleurs, de retrouver l’éclat de l’œuvre d’origine, sans pour autant chercher à masquer les ravages du temps et à combler les morceaux manquants. Et ce principe, Berio le fait sien à travers les trois mouvements de ce brouillon de Schubert, où la musique n’est qu’esquissée entre le papier, l’encre et le blanc.

Ce mercredi 12 octobre prochain, dans le cadre des Schubert Days de Flagey, le Brussels Philharmonic, placé sous la direction d’Andris Poga, interprétera la Symphonie n°8 de Schubert, la fameuse symphonie surnommée "Symphonie inachevée", suivie du Rendering de Luciano Berio. Un concert que vous pourrez vivre en direct sur Musiq3 dès 20h.

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