RTBFPasser au contenu

Psychologie

Les troubles psychologiques, mal du siècle encore tabou ?

Les troubles psychologiques, mal du siècle encore tabou ?
30 mars 2022 à 08:002 min
Par RTBF avec AFP

Conscients que le stress, l'anxiété et la dépression touchent de plus en plus de personnes, les sondés considèrent être malgré tout mal informés sur ces troubles, révèle une nouvelle étude*.

Un constat inquiétant, amplifié par le fait que les souffrances psychologiques sont aujourd'hui perçues comme un sujet tabou aux yeux d'une large partie de la population, qui estime qu'il est difficile d'en parler.

La santé mentale des populations se dégrade

Les troubles psychologiques touchent un nombre croissant de personnes. Un fait mis en exergue pas une foule d'études qui ne se sont jusqu'alors jamais contredites. Pandémie mondiale, guerre en Ukraine et urgence climatique ne font qu'amplifier un climat morose et incertain déjà bien ancré au quotidien. 

Près de neuf sondés sur dix (86%) déclarent que les troubles et souffrances psychologiques concernent de plus en plus de personnes et plus de huit sur dix (81%) affirment avoir eux-mêmes été touchés à un moment ou un autre de leur vie (65% actuellement).

Ces derniers se manifestent essentiellement par des troubles du sommeil (53% en subissent présentement) et un sentiment de déprime et/ou un manque d'énergie (43%) mais aussi par des crises d'anxiété (36%) et des idées sombres (30%). La crise sanitaire n'est d'ailleurs pas étrangère à ce fléau : près d'un tiers des répondants faisant état de difficultés psychologiques (31%) affirment qu'elles sont apparues pendant ou à la suite de la pandémie.

Les trop nombreux freins à la prise en charge

Malgré des troubles en hausse constante au cours des dernières années, une part importante des interviewés (59%) affirment se sentir mal informés sur les souffrances psychologiques. Et si les deux tiers des sondés déclarent avoir peur de ces troubles, plus de quatre sur dix confient qu'il est aujourd'hui - toujours - difficile d'en parler. Pourtant, près de sept répondants sur dix (69%) expliquent savoir vers qui se tourner en cas de telles souffrances.

Paradoxalement, à peine plus d'un tiers des répondants (39%) déclarent avoir consulté un professionnel de santé pour leur santé mentale.

D'après l'étude, les obstacles sont nombreux. Il est avant tout question de pudeur, 29% des personnes concernées déclarant avoir du mal à accepter de se faire aider et 24% faisant état d'angoisses liées au fait de consulter un médecin et ce, de manière générale. Reste le frein financier, à hauteur de 19%.

Seul le premier pas semble coûter aux personnes interrogées puisque celles et ceux qui ont franchi l'étape de la consultation ne le regrettent pas. Plus de huit sondés sur dix (85%) confirment que le professionnel s'est montré compétent, que ce soit le médecin traitant (83%), le psychologue (87%) ou le psychiatre (84%).

Téléconsultation : un outil parmi d'autres

Au regard de certains des freins, la téléconsultation peut apparaître comme une solution potentielle dans la prise en charge des troubles psychologiques. Plus d'un cinquième des personnes qui suivent un parcours de soins psychologiques actuellement (21%) l'ont déjà pratiquée et 66% de ceux qui ne l'ont pas fait pourraient y avoir recours.

Parmi les avantages évoqués par ceux qui téléconsultent ou qui envisagent de le faire, figurent l'absence de déplacement (30%) et le gain de temps (27%). Mais elle est aussi synonyme d'absence de contact direct avec le professionnel (55%) pour ceux qui consultent en physique et n'envisagent pas de poursuivre leur parcours à distance.

 

* Cette enquête a été réalisée en ligne du 17 et 23 novembre 2021, auprès d'un échantillon de 2.003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Sur le même sujet

30 déc. 2021 à 15:00
2 min
01 déc. 2021 à 15:00
2 min

Articles recommandés pour vous