Initiatives locales

Les "vestiboutiques", des magasins de seconde main à vocation sociale

© Getty Images

Avec l’inflation, nombreuses sont les personnes qui se tournent vers des alternatives à plus petits prix. Et si l’on a du mal à payer ses factures ou ses courses, les vêtements n’y échappent pas. Une solution ? Les vestiboutiques !

Dans les anciens locaux de la Sambrienne, à la Cité Parc de Marcinelle, c’est un magasin un peu particulier qui a posé ses nombreuses valises. Lancée par l’ASBL Formidable, une vestiboutique offre une seconde vie aux vêtements en les proposant à petits prix. Une idée qui a fait son bout de chemin dans un contexte d’inflation.

" C’est une demande des habitants de la cité ", affirme Faysal Arbakan, le président de l’ASBL, au micro de Télésambre. " Tout augmente à l’heure actuelle et, dans le même temps, nous recevions beaucoup de vêtements pour les sans-abris sans savoir que faire des vêtements pour les enfants. Notre but est d’alléger les dépenses des citoyens. Rien ne dépasse 10 euros et l’argent récolté servira à payer les frais du bâtiment. "

>> À suivre : " Les vêtements doivent être propres et en bon état. Ne donnez pas des vêtements que vous n’achèteriez pas ", précise Françoise, l’une des bénévoles, à Télésambre

Ce n’est d’ailleurs pas la seule boutique de seconde main à avoir récemment ouvert ses portes dans la région carolo. En début d’année, l’ASBL La Faim du Mois a complété son offre en lançant sa vestiboutique. Depuis deux ans, tous les mois, l’association distribue des colis de vivres et des repas aux plus démunis à la rue de Marcinelle à Charleroi. Ce nouveau projet s’insère donc parfaitement dans la continuité du travail de l’ASBL.

Aujourd’hui, si on a du mal à se nourrir ou à payer son énergie, on a bien évidemment aussi du mal à se payer des vêtements ", explique Hicham Imane, le président de La Faim du Mois, à la télévision locale carolo. " On veut donc proposer des vêtements de qualité, dans une boutique de qualité, mais à des prix bas pour ceux qui en ont besoin. "

La Faim du Mois a ouvert sa Vestiboutique

Un concept de la Croix-Rouge…

Quand on parle de " vestiboutique ", c’est le nom de la Croix-Rouge qui revient. En Wallonie et à Bruxelles, 87 de ces magasins ont ouvert leurs portes sous la bannière de la fondation. Leur but ? Proposer des vêtements de secondes mains à petits prix dont la vente permettra de financer une aide sociale aux plus démunis, notamment au travers des colis alimentaires et des épiceries sociales.

Au départ, ces boutiques étaient exclusivement réservées aux personnes dans le besoin mais elles sont dorénavant ouvertes à tous. Chacun peut venir déposer et acheter. " La vestiboutique fonctionne, essentiellement, grâce à des dons de particuliers qui nous déposent ce dont ils veulent se débarrasser et nous faisons le tri de ce qui est acceptable ou pas ", explique Benoît Brisbois, le président de la maison de la Croix Rouge d’Arlon, à la RTBF. " Le principe est que ce que vous donnez vous devriez encore pouvoir le porter. Donc, pas de boutons manquants, pas de vêtements déchirés, déformés et encore moins des vêtements sales. "

Refaire sa garde-robe dans une boutique seconde main, c’est consommer durable mais c’est donc aussi participer à l’économie solidaire, comme l’explique la coordinatrice des vestiboutiques de la Croix-Rouge dans la province du Hainaut. " Les vestiboutiques sont des activités essentiellement ressources qui vont nous permettre de financer nos actions sociales de proximité ", précise Bérénice Urbain auprès de TéléMB. " Ça comprend les épiceries sociales, les maraudes, la lutte contre l’isolement social et bien d’autres ! "

Mais la seconde-main ne se limite pas qu’aux vêtements. De nombreuses vestiboutiques ont d’ailleurs choisi d’étendre leur choix, comme à Arlon, où l’on retrouve une bouquinerie, un magasin de jouets et une puériculture dans ces locaux. À Gembloux, à l’inverse, on ne propose que des articles de sport, des vêtements au matériel. " Les prix sont compris entre 1 et 10 euros pour les vêtements ", précise la responsable Anne-Marie Malherbe à Canal Zoom. " Mais concernant les équipements et le matériel, pour les vélos, les skis, les tables de ping-pong, …, les prix peuvent être supérieurs à 10 euros évidemment mais ils restent démocratiques ".

>> Retrouvez toutes les vestiboutiques de la Croix-Rouge en Wallonie et à Bruxelles ici !

…mais pas que !

Si la Croix-Rouge s’est emparée du concept, que ce soit en Belgique ou à l’étranger, la fondation est loin d’être la seule à avoir développé des boutiques de seconde main à visée sociale. Créé il y a 85 ans par l’Abbé Froidure, l’ASBL Les Petits Riens fournit une aide alimentaire et sociale aux personnes les plus démunies et développe des logements pour y accueillir et accompagner des personnes sans-abris. L’association les aide également dans leur insertion professionnelle.

Pour le grand public, Les Petits Riens, ce sont surtout des magasins de seconde main. Aujourd’hui, le réseau comprend 27 boutiques en Belgique francophone qui ont permis de financer les missions que s’est attribuées l’ASBL. En tout, la collecte de vêtements a permis de donner une autre vie à plus de 165.000 tonnes de textile à travers la revente ou le recyclage, selon l’estimation de l’ASBL. Un projet solidaire aux avantages écologiques !

Si vous souhaitez faire un don de vêtement, l’ASBL dispose de nombreux points de collectes en Belgique.

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