Exposition - Accueil

Les Wall Drawings de Sol LeWitt épousent les formes du Musée juif de Belgique

Wall Drawing 780

© P. Navez

L’artiste américain Solomon (Sol) LeWitt est né à Hartford en septembre 1928 et est décédé à New York en avril 2007. Il est issu d’une famille juive d’immigrants venus de Russie. Après des études à l’Université de Syracuse puis à la Cartoonists And Illustrators School de New York, il travaille comme graphiste chez un architecte. De cette expérience naît chez lui la conviction qu’un projet compte plus que sa réalisation. Il est ensuite engagé comme réceptionniste au Museum Of Modern Art où il rencontre des artistes Robert Ryman, Dan Flavin, Robert Mangold.

C’est en 1968 que Sol LeWitt rédige les "Sentences On Conceptual Art", dans lesquelles il énonce que le concept surpasse l’œuvre. "L’idée devient une machine qui fabrique de l’art" écrit-il dans son essai. Ses principes et sa pratique feront l’objet de nombreux écrits qui sont devenus des textes fondateurs de l’art conceptuel. C’est en 1968 aussi, qu’il réalise son premier Wall Drawing, fresque à motifs géométriques répétitifs et en couleurs primaires, exécutée sur le mur de la galerie new-yorkaise de Paula Cooper.

Wall Drawing 368
Wall Drawing 368 P. Navez

Après la grande exposition du Musée M de Leuven en 2012, qui rassemblait 24 Wall Drawings en couleur de l’artiste conceptuel américain, c’est au tour du Musée juif de Belgique de se distinguer avec une plongée dans l’œuvre de LeWitt, en ciblant notamment son héritage juif et le lien qu’il a entretenu avec la Belgique. Il a par exemple conçu la synagogue de Chester (dans le Connecticut) et les décors de l’hôpital universitaire de Liège. Pour sa réalisation dans la synagogue de Chester, l’artiste s’est inspiré des synagogues polonaises en bois, pratiquement toutes détruites par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Pour le centre hospitalier de Liège, il a collaboré avec l’architecte belge Charles Vandenhove et dix autres artistes dont Jacques Charlier et Daniel Buren. Leur tâche consistant à détourner les lambris des murs des couloirs. Et l’on reconnaît au premier coup d’œil la contribution de LeWitt qui a choisi de jouer avec le cube, forme iconique de l’artiste.

Synagogue de Chester (Connecticut)
Motif intérieur de la synagogue de Chester (Connecticut)
Wall Drawing
Wall Drawing

Les rapports de Sol LeWitt avec la Belgique sont plus nombreux qu’on ne le croit. Quatre ans après avoir réalisé son premier Wall Drawing dans la galerie de Paula Cooper, l’artiste est invité par l’artiste et théoricien Fernand Spillemaekers et son épouse Lili Dujourie, à l’origine de la galerie MTL, située au 13 avenue des Eperons d’Or, le long des étangs d’Ixelles. Il réalise sur place le Wall Drawing 138, œuvre réactivée 50 ans plus tard au Musée juif de Belgique ! C’est aussi Sol LeWitt qui a réalisé, une fois de plus en collaboration avec l’architecte Charles Vandenhove, le dallage noir et blanc du hall d’entrée du Théâtre royal de la Monnaie, en forme de double éventail.

Hall d’entrée du Théâtre royal de La Monnaie
Hall d’entrée du Théâtre royal de La Monnaie Georges De Kinder

Ce qui caractérise avant toute chose l’œuvre de LeWitt, c’est le fait que ses œuvres monumentales sont réalisées directement sur les murs des salles d’expositions. Elles s’adaptent ainsi à chaque fois à l’échelle de l’espace d’exposition. Ensuite, c’est l’exécution, qui est confiée à d’autres que lui, c'est-à-dire à des étudiants des écoles d’art, qui suivent précisément les instructions et diagrammes du maître. Et enfin, le côté éphémère des œuvres qui ne durent que le temps d’une expo. Trois écoles belges ont été sollicitées pour l’exposition présente : La Cambre, l’Aca des Arts de Bruxelles et LUCA School of Arts. Les étudiants, supervisés par deux assistants professionnels de la Fondation LeWitt, ont dû déchiffrer le protocole et interpréter les formules énoncées, comme des musiciens face à une partition. Et ce dans un timing édicté par leurs deux coaches.

Not Straight Brushstrokes

Au cours de sa carrière, Sol LeWitt a créé 1350 dessins muraux, qui se sont concrétisés dans plus de 1200 lieux. A côté des fameux Wall Drawings, l’artiste n’a jamais cessé de créer, de sa main cette fois, des œuvres sur papier, comme en témoigne le tableau "Not Straight Brushstrokes" constitué de lignes ondulantes. Mais aussi des structures blanches formant des tours et des réseaux de carrés et de cubes ouverts, selon différentes variations, et qu’il nomme les "Incomplete Open Cubes".

L’expo est à voir au Musée juif de Belgique jusqu’au 1er mai 2022.

Incomplete Open Cubes
Structure

Sur le même sujet

- A Voyage Into The Moon - une expo-fiction au Botanique

Exposition - Accueil

Le Musée juif de Belgique aborde des aspects peu connus de l’artiste américain Sol LeWitt

Exposition - Musées

Articles recommandés pour vous