Hockey

L’Euro des Red Lions : choisir et renoncer ?

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04 juin 2021 à 16:01Temps de lecture2 min
Par Christophe Reculez

Un stade plein à craquer, une foule dont on n’oublie aujourd’hui à quel point elle pouvait être compacte et ne former qu’un seul homme (le 12ème en l’occurrence).

Le samedi 19 aout 2019, le monde du hockey belge bondissait de joie après le titre de champions d’Europe glané par les Red Lions, devant leur public, après avoir décroché les lauriers mondiaux un an plus tôt. Un doublé qui, rapidement, faisait naitre le secret espoir d’un triplé avec les Jeux Olympiques à venir 12 mois plus tard.

Mais la crise – on ne vous apprend rien - est passée par là et a considérablement redistribué les cartes. Les JO ont été reportés d’un an et forcé les organisateurs de l’Euro, prévu initialement fin aout, à avancer la compétition - devenue trop proche du rendez-vous olympien – au mois de juin… Et cela change tout !

L’objectif de notre équipe nationale est clair depuis la finale perdue en 2016 : remporter les Jeux ! Conclusion : Ce championnat d’Europe est vu par les joueurs et le staff comme une préparation, une répétition générale pour les JO. D’ailleurs, depuis plusieurs semaines, toute question des journalistes, en prélude à cet Euro, dérivait presque systématiquement vers une réponse évoquant les JO.

C’est une certitude : La plénitude physique est planifiée et attendue pour le mois d’aout. En tant que numéros un mondiaux, les belges sont examinés sous toutes les coutures et doivent donc en permanence innover pour surprendre leurs adversaires. Mais les grandes innovations prévues seront préservées pour le rendez-vous nippon.

Alors qu’attendre de nos Red Lions pour cet Euro qui débute ce samedi face à l’Espagne ? Sans doute pas une équipe à 100% de ces capacités. En effet, il est très compliqué d’atteindre deux pics de forme dans un laps de temps aussi court.

Mais feront-ils pour autant une croix sur cet Euro ? Certainement pas.

Le sport de haut niveau (et les sportifs qui le composent) s’accommode rarement du frein à main.  La dernière gifle reçue, certes sans conséquence, face au Pays-Bas en Pro-League dimanche dernier (0-4) le prouve : jouer avec quelques pourcentages en moins ne pardonne pas à ce niveau.

De plus, dans une poule plutôt accessible, les Red Lions auront l’occasion de monter en puissance et rien n’empêche d’imaginer, en cas de réelles difficultés dans un match couperet, que les Red Lions utilisent l’une ou l’autre nouvelle cartouche tactique pour s’imposer.

L’envie de gagner sera sans doute trop forte et il ne faudrait pas non plus signer un Euro catastrophique, au risque d’entamer les JO avec un sentiment négatif.

Et enfin, Il ne faut pas oublier que ce qui est valable pour nos belges l’est aussi pour les autres grandes nations qui ont toutes Tokyo dans le viseur. Seule exception sans doute : Les Pays-Bas. Les Néerlandais, en mal de résultats probants depuis plusieurs années, sont dans l’obligation de s’imposer et s’annoncent comme nos plus grands concurrents.

Rappelons que c’est dans ce même stade amstellodamois que les néerlandais ont remporté leur dernier titre (Euro 2017) face… aux Red Lions. Ce fut d’ailleurs le dernier échec des belges dans une finale. Sans doute auront-ils, si leurs chemins se croisent au même stade, un petit sentiment de revanche. 

Bref, c’est à un fameux jeu d’équilibristes que s’apprêtent à jouer notre équipe nationale. Choisir assez logiquement les Jeux, seul titre manquant à leur palmarès, au risque de renoncer à ces championnats d’Europe.

Avec l’espoir de ne pas repartir une main devant de cet Euro et une main derrière aux JO. Le maintien de la Belgique sur le toit du hockey mondial est à ce prix !

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