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Liberty Steel: les travailleurs ont rencontré les ministres Borsus et Morreale à Namur

07 sept. 2022 à 09:16 - mise à jour 07 sept. 2022 à 12:58Temps de lecture2 min
Par M. Lehnertz (avec M. Hildesheim et Belga)

La CSC est ressortie plutôt satisfaite de son entrevue avec les autorités régionales à l'Elysette, mercredi matin, à propos du cas Liberty Steel. Les représentants étaient venus exprimer leurs craintes et leurs doléances concernant l'activité de l'entreprise sidérurgique sur les sites liégeois, tant la situation semble critique. "Au moins nous avons été entendus", a réagi à chaud Jordan Atanasov, secrétaire principal CSC METEA Liège-Verviers.

Plusieurs centaines de sidérurgistes se sont rendu à Namur pour une rencontre entre les syndicats et les autorités wallonnes. Sept cars ont été affrétés pour les 300 à 400 travailleurs qui ont fait le déplacement. "La réunion organisée avec le ministre de l'Economie Willy Borsus, la ministre de l'Emploi Christie Morreale et les membres de la Sogepa (bras financier de la Région) a permis de mettre sur la table les différentes options envisageables avec la Région wallonne, tout en évitant la faillite", indique le syndicaliste. "Mais, avant toute chose, il faudra que Liberty confirme son intention de céder les sites liégeois. Lorsque cette intention sera formalisée et officialisée, on pourra se mettre en quête d'un repreneur", poursuit-il.

La région devrait alors accompagner le processus, avec les moyens dont elle dispose.  Pour J. Atanasov, le repreneur doit être industriel avec une vision claire, soutenue par un plan financier. "A ce stade, la valorisation du site n'est pas connue, mais le prix pourra certainement être négocié avec un éventuel repreneur en fonction de l'état des outils, des investissements nécessaires et de la reprise du personnel ou non".

Une réclamation : la cession

La CSC craint une nouvelle liquidation de l'entreprise, voire un dépôt de bilan. "Nous demandons, outre son soutien, une réelle implication de la Région wallonne pour sauver les outils liégeois et évidemment préserver les emplois", poursuit-il. "Nous ce qu’on force au niveau syndical, c’est une cession pure et simple des activités. On est convaincu que d’autres opérateurs industriels seraient intéressés par le site de Liège, avec un vrai plan industriel et un plan financier pour soutenir cette activité".

"Certaines entreprises souffrent de la flambée des prix de l'énergie. Mais nos problèmes sont bien antérieurs à cela et datent de l'époque où Liberty a racheté les sites à ArcelorMittal. Le groupe n'a jamais été en mesure de faire fonctionner l'outil de façon correcte. Alors que la conjoncture était exceptionnelle il y a un an encore, Liberty n'a pas su en profiter. Tous les opérateurs industriels et sidérurgiques avaient pourtant réalisé de plantureux bénéfices à ce moment-là...  C'est pourquoi, nous ne voulons plus être associés à ce groupe", martèle J. Atanasov.

Un peu plus de 650 personnes travaillent chez Liberty Steel à Flémalle et Tilleur. "L"enjeu est de taille", souligne encore le syndicaliste qui croit en l'avenir de l'entreprise et ses outils de qualité.

En avril dernier, le tribunal de l'entreprise prononçait la mise en liquidation des sites liégeois de Liberty Steel. Fin mai, après l'apport de nouveaux fonds, l'entreprise obtenait, en appel, l'autorisation du tribunal de poursuivre ses activités sous certaines conditions et sous le contrôle d'un "observateur" désigné par le tribunal. Depuis lors, l'activité a repris très partiellement (plus ou moins deux jours par semaine), "mais, depuis la semaine dernière, la situation s'est considérablement dégradée, tout est à l'arrêt et la situation pourrait perdurer quatre à cinq mois", ponctue J. Atanasov.

Une réunion est prévue entre la Région wallonne et la direction de Liberty Steel vendredi.

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