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Liège : des étudiants s'inquiètent d'en voir d'autres ne pas respecter les règles sanitaires aux cours et dans le Carré

Le port du masque est toujours bien obligatoire dans le Carré, comme dans le reste du centre de Liège. Les patrouilles de la police locale doivent régulièrement le rappeler.
07 oct. 2020 à 08:07 - mise à jour 07 oct. 2020 à 08:07Temps de lecture3 min
Par Martial Giot

Alors que les infections progressent chez les jeunes depuis quelques semaines, des étudiants liégeois craignent les conséquences de certains manquements aux règles sanitaires qu’ils constatent dans leurs écoles ou lors de sorties nocturnes.

Ils s’inquiètent que certains de leurs condisciples présentant des symptômes du coronavirus prennent quand même le risque d’aller aux cours. Ils évoquent aussi des bars du Carré bondés, comme les rues du quartier, des rues où le port du masque serait peu respecté.

C’est en tout cas ce dont témoigne Emilie, une étudiante de l’Université de Liège : "Dans mon kot, on est plusieurs à s’inquiéter par rapport à la situation, dans les écoles et même dans les bars ou dans le Carré."

"Dans certaines écoles, ils organisent du présentiel mais pas de distanciel. Donc en fait certains étudiants qui ont des symptômes, qui ont des personnes à risque dans leurs familles ou qui sont eux-mêmes à risque, préfèrent aller en cours avec leurs masques parce que sinon ils sont trop dans l’embarras après pour rattraper le retard."

"Dans le Carré, on y a été une fois avec mes amies. On a décidé de ne plus y aller. Dans mon kot, sur dix personnes, en deux jours, il y a quatre filles qui ont été en contact avec des gens qui ont le coronavirus et ils ont été en contact dans le Carré. Quand on rentre dans un bar, oui, il y a des gens qui contrôlent les entrées, les sorties et les déplacements. Mais quand on est dedans, il n’y a rien qui est respecté parce qu’on a des personnes à 30 centimètres de nous. Pour traverser les rues, il n’y a pas moyen d’éviter le contact. Et puis personne ne porte le masque. Dans la rue, tout le monde contamine tout le monde."

La police locale n’observe pas d’augmentation du non-respect des règles

La police locale de Liège est sur le terrain. Quel est son constat ? Le commissaire Jean-Michel Paquay dirige le commissariat de Liège-Centre. Il explique : "On contrôle les établissements, on contrôle aussi les personnes. De l’analyse qu’on fait des patrouilles effectuées dans le Carré, non, il n’y a pas une augmentation du non-respect des règles. Je pense qu’il y a parfois une méconnaissance ou une mauvaise compréhension des règles. Dans la grande majorité des cas, que ce soient les établissements ou les personnes qui fréquentent le Carré, les règles sont particulièrement bien respectées. Pour ceux qui ne respectent pas, on les invite d’abord, parce qu’il faut d’abord faire de l’information et de la prévention, donc on conseille aux gens de porter le masque, par exemple. A partir du moment où quelqu’un ne répond pas à la demande, il y a des procès-verbaux qui sont rédigés. Pour les établissements, c’est la même chose. Et on informe l’autorité administrative dès qu’il y a un non-respect flagrant des règles par un établissement."

Mais y a-t-il effectivement une tendance à ne plus porter le masque dans les rues du Carré ? "Je dirais qu’il y a une mauvaise compréhension, depuis le 1er octobre, des informations qui ont été données par la Première ministre", répond le commissaire Jean-Michel Paquay, "Elle a bien dit que le masque n’était pas obligatoire pour peu que l’autorité locale ne prenne des mesures plus contraignantes. Ce qui est le cas à Liège. Donc le masque est toujours obligatoire dans le centre-ville. Il y a une mauvaise compréhension et donc on passe notre temps à rappeler qu’il faut porter le masque. Mais je pense que c’est une population qui revient, notamment les étudiants qui viennent d’arriver ici il y a quinze jours ou trois semaines, qui sortent à nouveau. Donc on a un nouveau public auquel il faut à nouveau expliquer les règles."

Du côté des établissements, la plupart respectent donc les règles mais il y a quelques irréductibles. Le commissaire Jean-Michel Paquay explique : "Ça, c’est depuis le début du confinement. Il y a en a quelques-uns qui visiblement ont du mal à comprendre qu’on est dans une négociation et surtout dans une volonté de pouvoir permettre au secteur de continuer à travailler mais dans le respect des règles. Ceux qui ne comprennent pas prennent des procès-verbaux, l’amende est quand même de 750 euros, et on rédige alors des rapports administratifs de proposition de fermeture à destination de l’autorité administrative, donc du bourgmestre, qui a déjà pris un certain nombre d’arrêtés qui imposent des périodes de fermeture à ces établissements qui ne respectent pas les règles. 

 

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