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Liège : le quartier Léopold en quête de nouveaux commerçants

Les deux vitrines rue du Lombard, dans le quartier Léopold à Liège. Illustration : Antoine Renard (st)

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20 mai 2022 à 12:56Temps de lecture3 min
Par Antoine Renard (st)

Depuis 2013, la Ville de Liège cherche à dynamiser le quartier Grand Léopold, en proposant des loyers réduits progressifs à ses futurs commerçants. Deux cellules commerciales, propriétés de la Ville, cherchent preneurs Rue du Lombard. Un projet qui porte le nom de CREaSHOP@Grand Léopold, qui ravit bon nombre de commerçants du centre-ville.

Elle n’est pas très large, ni très animée non plus. La Rue du Lombard, une perpendiculaire à la nouvelle rue Souverain-Pont, attend des nouveaux locataires pour ses deux vitrines, propriétés de la Ville de Liège. Pour attirer de nouveaux entrepreneurs, l’administration mise sur des loyers réduits progressifs, pour pouvoir commercer dans la Cité ardente.

La rue du Lombard, en quête de nouveaux locataires
La rue du Lombard, en quête de nouveaux locataires © Tous droits réservés

Nouveau départ

La rue s’inscrit dans une logique de dynamisation du quartier Léopold. Une stratégie payante, comme l’explique Emmanuelle Wégria, qui a bénéficié de l’allègement locatif pour son commerce de produits wallons dès la création du programme: "C’était une rue qui était en décrépitude depuis des années, où il y avait énormément de toxicomanie et de prostitution. Cette aide a vraiment été bénéfique, parce qu’il a vraiment fallu casser toutes ces barrières. Pour ma part, j’ai commencé par un loyer à 250€ progressif sur trois ans."

Une aide mensuelle qu’il semble difficile à mettre de côté pour la commerçante : "C’est indispensable. Ce n’était déjà pas facile il y a 8 ans, vu les investissements à faire (les stocks, les infrastructures…), mais maintenant que les charges augmentent avec la hausse des prix de l’énergie, ça fait vraiment du bien à la trésorerie de pouvoir commencer par cet échelonnement de loyer, parce qu’on doit d’abord se faire connaître et attirer notre clientèle. C’est un travail de longue haleine, et les moyens sont considérables. Si on a déjà cette réduction de charges fixes qui peut intervenir, c’est vraiment une aubaine."

Du monde de la nuit, de la toxicomanie et de la prostitution, il n’en reste que la brique…
Du monde de la nuit, de la toxicomanie et de la prostitution, il n’en reste que la brique… © Tous droits réservés

Au-delà de l’avantage financier que le projet apporte à ces nouveaux commerçants, CREaSHOP@Grand Léopold permet aussi un suivi dans la communication des entreprises, comme confirme Gaëlle Valée, gérante d’une boutique de seconde main: "On est répertorié dans un petit catalogue (le guide des commerces, ndlr.), et j’ai pu aussi bénéficier d’une vidéo qui a été tournée dans mon commerce et qui est publiée sur les différents réseaux sociaux de CREaSHOP."

Examen de passage

Pour pouvoir bénéficier de la surface commerciale, les entrepreneurs qui souscrivent au programme doivent candidater en envoyant un dossier d’inscription. Il doit être fourni de tous les documents nécessaires pour convaincre le jury de la viabilité du projet. Cela passe notamment par un plan financier, qui peut être pris en charge par un accompagnateur de création d’entreprise. Une étape qui n'est pas toujours évidente lorsqu’on se lance dans l’aventure, comme Lara Perini, gérante d’une mercerie: "Ça prend vraiment beaucoup de temps, confie la jeune commerçante installée depuis 10 mois, mais après, ça reste des exercices administratifs qui deviennent de plus en plus faciles quand on est habitué. Mais il est vrai que c’est un travail fastidieux, au départ."

Pour Gaëlle Valée, même après une petite décennie, le Grand Léopold ne semble toujours pas prêt à devenir un quartier commerçant à part entière: "je sais que la Ville essaie vraiment de propulser le quartier, notamment avec la venue récente de la Grand Poste, constate-t-elle. Maintenant, dire que ma rue est une rue commerçante ? Pas encore. Je pense qu’il faudra encore deux ou trois ans, le temps que le quartier se stabilise et le temps que d’autres surfaces commerciales soient rénovées. Mais il y a vraiment un bon potentiel."

En attendant, les deux surfaces commerciales Rue du Lombard attendent des candidatures jusqu’au 30 juin prochain. La Ville de Liège recherche des enseignes artisanales et éthiques envers l’environnement. Par souci technique, l’HoReCa ne peut être autorisé comme fonction principale du futur commerce. Toutes les informations sont à retrouver sur le site de la Ville de Liège.

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