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Liège : relance culturelle du Lion s’envoile, l’ancien club de jazz mythique de Roture

Situé en Roture, le Lion s’envoile a été racheté aux enchères pour 261.000 euros. Leurs nouveaux propriétaires, la coopérative Dynamo Coop et le Comptoir des Ressources Créatives sont particulièrement enthousiastes. Les deux structures travaillent dans l’économie sociale. Ce sont elles qui ont déjà relancé le bâtiment voisin qui lui, abritait l’ancien Cirque divers devenu depuis 2017, le Kultura.

Selon une récente étude de l’Université de Liège, le Kultura est devenu une 3 structures de diffusion musicale les plus actives de Wallonie avec plus de 100 dates programmées par an. A l’étroit, avec ses 90 opérateurs culturels, le Kultura organise environ 200 événements annuels. Et depuis la fin du Covid, leurs deux salles ne désemplissent pas : concerts, DJ…

Un financement participatif pour au moins un million d’euros de travaux

Avec plus de 200 mètres carrés, le bâtiment du Lion s’envoile situé juste à côté, est dans un bien triste état. "On va réfléchir collectivement et de façon participative à la programmation et à l’usage du lieu. L’idée de Dynamo coop" explique Adrien Louis, "c’est de retirer des biens du marché immobilier pour les mettre à long terme, au service de la collectivité et des métiers de la création." Les nouveaux propriétaires comptent faire appel à un financement participatif pour l’aménager. Il faudra sans doute trouver au moins un million d’euros pour aménager les 3 petites maisons délabrées qui forment l’ensemble du bâtiment. Pour y faire quoi ? Gérard Fourré du Comptoir des Ressources Créatives : "on va y faire ce que les communautés de créateurs vont y construire. Il y a plusieurs idées."

A l’intérieur du bâtiment, derrière les façades, tout est à refaire
A l’intérieur du bâtiment, derrière les façades, tout est à refaire © Tous droits réservés

Un an de réflexion pour repenser l’offre culturelle musicale de demain

Le Lion s’envoile est un ancien club de jazz mythique. Il a un impressionnant passé culturel festif. En 1985, grâce à l’asbl Jazz festival Liège, le lieu attire des musiciens du monde entier et des artistes belges notamment avec le Collectif du lion. Il ferme en 1999. Le bâtiment est resté vide 20 ans. En 2019, un nouveau propriétaire passionné tente de le relancer seul. En 2021, il doit se résoudre à vendre le bâtiment : le covid et son confinement ont eu raison de la salle de 200 personnes et de son bar.

La salle du Lion s'envoile dans son état actuel

Chez les jeunes, il y a à nouveau une communauté de jazz

Alors Le Lion s’envoile va-t-il renouer avec le jazz ? "Ça va être difficile de refaire l’histoire mais évidemment, il y a cette teinte tout à fait fondamentale déjà à Liège. Chez les jeunes, il y a aujourd’hui à nouveau, une communauté de jazz très puissante donc ils risquent de participer à l’aventure. On va essayer de garder la mémoire et la continuité de tout ça dans la mesure du possible."

Une extension du Kultura ?

Parmi les idées, le Lion s’envoile pourrait servir de troisième salle pour le Kultura à côté ou de grande salle commune de 400 personnes en abattant le mur mitoyen. "On voit qu’il y a encore beaucoup de genres musicaux à couvrir mais ça peut-être aussi des activités plus diurnes comme des résidences artistiques. Le covid a montré qu’il y avait beaucoup de besoins de cette nature. On peut aussi envisager d’autres opérateurs que le Kultura. Le modèle reste ouvert."

Le bâtiment du Lion s'envoile possède les façades de plusieurs petites maisons en Roture

Remettre de la vie en Roture : l’effet vitrine de la culture en journée

Une des volontés, c’est donc aussi de lancer une activité diurne. "L’idée, c’est peut-être de réactiver aussi toute une partie de Roture, remettre de la vie. Dans l’écosystème culturel, il y a beaucoup de gens qui travaillent le jour. La culture ne se fait pas seulement la nuit. Il faut la préparer ! Beaucoup utilisent déjà le Kultura comme bureau pour leurs activités. On pourrait le développer. On peut penser à des master class ou d’effet vitrine de la culture. On peut rappeler que par exemple, le bâtiment du Lion s’envoile a abrité le siège du journal C4. Enfin, il convient de prendre soin de l’aspect patrimonial, l’aspect folklorique de la rue pour contribuer à un renouveau artistique et touristique du quartier."

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