L'atelier des muses

Lili Boulanger, compositrice aux dons prodigieux, première femme à remporter le prestigieux Prix de Rome

Lili Boulanger
15 juin 2022 à 12:49Temps de lecture2 min
Par Hélène Michel

Et après Nadia Boulanger, c'est au tour de la sœur cadette, Lili Boulanger de faire l'objet de l'atelier des muses, cette compositrice au destin tragique, prodige de la musique mais de santé fragile et qui  ne vivra que  24 ans.

Lili Boulanger qui est née, comme sa grande sœur dans une famille de musiciens, et qui dès l'enfance, selon le témoignage de Nadia, "chantait Fauré, qui l’accompagnait lui-même volontiers au piano. Elle pouvait déchiffrer des mélodies auxquelles elle ne devait rien comprendre, mais elle semblait comprendre tout." Gabriel Fauré, ami de la famille était particulièrement émerveillé par ses dons précoces. 

La tuberculose qu'elle avait contracté à l'âge de deux ans va laisser des traces qui vont l'accompagner toute sa courte vie, et qui vont avoir une influence sur sa musique spirituelle et profonde. Elle recevra cependant une éducation musicale, d'abord à domicile, ensuite au conservatoire de Paris. Dotée de l'oreille absolue, elle maîtrisait l’orgue, le piano, le violoncelle, le violon, la harpe et le chant. Mais c'est la composition qui la fait vibrer par-dessus tout, et à 19 ans, Lili Boulanger devient la première femme à remporter le prestigieux Prix de Rome avec sa cantate Faust et Hélène, ce qui lui permettra d'intégrer la Villa Médicis, et de se faire publier.

Sa santé décline durant la première guerre mondiale, mais jusqu'au bout de ses forces elle continuera à composer, et quand les forces l'abandonnent, elle dicte sa dernière œuvre sur son lit de mort, à sa sœur Nadia, Pie Jesu, un requiem pour voix, orgue, harpe et quatuor à cordes. Elle rend son dernier souffle le lendemain à l'âge de 24 ans. Et c'est sa grande sœur qui va se charger d'entretenir sa mémoire et de révéler au monde toute l'étendue de son talent.

C'est en 1917, lors d'un séjour à Arcachon, où elle s'était installée pour améliorer sa santé, qu'elle a écrit le Psaume 130 : Du fond de l’abîme, une œuvre pour contralto, ténor, chœur mixte et orchestre un psaume qu'elle semble avoir choisi pour son atmosphère sombre, une noirceur qu'i s'éclaire peu à peu d'une touche d'espoir et de lumière. Une œuvre  d'une grande émotion qui fait dramatiquement  écho aux horreurs de la première guerre mondiale. Une partition dédiée "A mon cher papa", ce père qu'elle avait perdu à l'âge de 6 ans.

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