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Lili souffre de trouble dysphorique prémenstruel : "Dix jours par mois, je ne me reconnais pas"

Lili souffre du trouble dysphorique prémenstruel

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31 mai 2022 à 05:00Temps de lecture8 min
Par Amélie Bruers, Fanny Deblauwe et Emine Bergsoj

Vous connaissez certainement le SPM, le syndrome prémenstruelMais connaissez-vous le TDPM : le Trouble Dysphorique Prémenstruel ? Ce trouble toucherait 3 à 8% des personnes qui ont leurs règles et bouleverse complètement leur personnalité et leur vie.  

C’est le cas de Lili, une danseuse-performeuse de 37 ans. Quand nous la rencontrons chez elle, nous découvrons une femme souriante et le regard pétillant au milieu de l’appartement qui reflète son univers burlesque. Si on était venues quelques jours plus tard, c’est une autre Lili que nous aurions rencontrée.  

"En TDPM, je ne me reconnais pas. Je veux juste rester seule, chez moi. Je n’ai aucune force, aucune énergie. J’ai des pensées noires et je me dis que j’ai raté ma vie."

Au delà d'un coup de blues

Ce sentiment de découragement, de nombreuses femmes le ressentent à ce moment-là de leur cycle menstruel mais pour Lili, cela va plus loin qu’une petite déprime soignée à coups de séries et de nourriture réconfortantes. 

"Je réfléchis sérieusement à la façon dont je pourrais mourir, à comment me tailler les veines sans me faire du mal, à comment mon petit garçon s’en sortira quand je ne serai plus là." 

Un diagnostic difficile et un traitement compliqué

Le diagnostic du TDPM est difficile car il demande que la.e soignant.e soit informé.e et prenne le temps d’écouter et de questionner les symptômes de la patiente. 

"Je suis allée consulter une psy car je pensais que j’étais bipolaire. Je me disais que c’était la seule explication à mes changements brutaux d’humeur. Heureusement, je suis tombée sur une psychologue incroyable qui a posé des mots sur ma souffrance."  

On ne guérit pas le TDPM mais on peut atténuer la violence de ses symptômes. Souvent, les médecins recommandent de (re)prendre la pilule contraceptive ou des antidépresseurs microdosés. 

"Ce n’est pas possible pour moi, mon historique familial et mon mode de vie ne me permettent pas de prendre ces médicaments en toute sécurité. J’essaie de gérer le mieux possible les mois où le TDPM est violent ; ce qui me rassure, c’est que je sais que ça va passer."  

Car quand les règles arrivent, les symptômes du TDPM cessent. Mais il a été là, parfois pendant dix jours complets et pendant ces dix jours, Lili doit continuer à vivre. 

"Quand vous êtes indépendante et artiste, vous ne pouvez pas décider de ne pas travailler pendant dix jours. Vous devez vous lever, vous maquiller, sourire et monter sur scène en faisant comme si tout allait bien alors qu’au fond de vous, vous vous sentez comme une merde et vous avez envie de mourir."  

Un véritable impact sur la vie privée

Le TDPM a aussi un impact sur la vie privée des personnes qui en souffrent, aux niveaux amical et amoureux.  

" Quand je rencontre un partenaire, au début, il croit avoir trouvé la femme parfaite : souriante, forte, drôle, indépendante, pleine d’énergie et de projets. Quinze jours plus tard, il fait face à une autre femme, en demande constante d’attention et de preuves d’amour, pleine d’insécurité, dépressive. Ça m’a coûté de nombreuses relations amoureuses."  

Pour Lili, la solution vient de la prise de parole dans son cercle intime mais aussi dans la parole publique.  

" En parler à mes ami.e.s, leur expliquer ce que je ressens et à quel point je ne le contrôle pas, ça les aide à me comprendre et ça m’aide à ne pas rester seule. Et puis, parler publiquement à un média, ça permet de dire aux autres femmes qui vivent ça qu’elles ne sont pas seules, qu’elles ne sont pas folles. C’est un trouble reconnu et il faut trouver des façons de vivre avec."

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