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L’illusion des vieilles familles politiques

Philippe Walkowiak

Il n’est pas toujours simple de se retrouver dans les familles politiques de Belgique. Après avoir fêté en 2021, avec pompe, ses 175 ans, la famille libérale se querelle entre nord et sud avec en toile de fond un concours sur qui est le vrai, le plus, libéral.

Mais les bleus n’ont pas l’apanage des divergences. L’historique famille catholique n’est plus, la famille socialiste garde des différences et même si les écologistes ne forment qu’un seul groupe à la Chambre, il y a çà et là des sensibilités différentes.

Outil marketing…

Les partis utilisent cette notion de former une famille entre nord et sud, en fonction de l’intérêt politique du moment.

Ainsi, le PS rappelle régulièrement qu’il représente le premier parti de la coalition fédérale et que les socialistes en constituent la première famille quand il s’agit de peser sur les décisions.

Georges-Louis Bouchez use de cette notion familiale bien plus que ses prédécesseurs, avec sans doute un espoir de préempter la formation des prochaines coalitions, mais 2024 reste un horizon bien trop lointain pour se perdre déjà en conjectures.

La notion de " famille politique " s’invoque surtout quand on veut se faire plus gros que l’on est mais on la rejette quand on veut marquer sa propre spécificité vis-à-vis de ses électeurs.

… trop " belgicain " en Flandre

Ainsi, le vice-premier fédéral libéral flamand, Vincent Van Quickenborne s’en est pris avec virulence, au président libéral francophone, Georges-Louis Bouchez : Il aboie pendant que nous agissons. Il y a un gouffre comme le Grand Canyon entre ses paroles et ses actes, […] il est plus un conservateur qu’un libéral […] Bouchez revient toujours au passé. Ce n’est pas le Mouvement Réformateur, mais plutôt le Mouvement réactionnaire. Regardez son belgicisme. Bouchez veut revenir à la RTT et à la BRT ; à une télévision bilingue. Il ne parvient pas encore à parler néerlandais et il veut une chaîne publique. Je suis loin d’être séparatiste, mais entre Flamands et francophones, il y a un paquet de différencesRhabillé pour l’hiver comme rarement entre partenaires et surtout entre membres d’une même famille tant vantée l’année de ses 175 ans.

Au-delà de la querelle de personnes, c’est un repositionnement bien plus politique que l’Open VLD opère. Son Premier Ministre a vu son image écornée pour sa gestion de la pandémie ces dernières semaines et surtout le paysage politique flamand impose aux libéraux du nord cette brutale prise de distance.

Ancien de la Volksunie, Vincent Van Quickenborne sait qu’une image trop " belgicaine " peut nuire dans un environnement où Vlaams Belang et N-VA donnent le ton. Au nord du pays, le conservatisme est aussi l’apanage de ces deux partis nationalistes. L’Open VLD entend incarner une autre voie, dans un environnement bien plus à droite qu’au sud du pays.

De même, Conner Rousseau (Vooruit) garde des distances avec le PS wallon, dont l’image demeure chargée de symboles négatifs au nord du pays. La personnalité de Frank Vandenbroucke divise également la famille socialiste.

" Protégez-moi de ma famille, mes adversaires, je m’en charge " en politique, comme ailleurs…

 

@PhWalkowiak

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