Limal : une rentrée inhabituelle à l'Escalpade (enseignement spécialisé), en code jaune

Marquages au sol, fléchage, pictogrammes, matériel de protection et de désinfection,... à Limal, L'Escalpade est prête à accueillir ses élèves pour une rentrée en code jaune. De g.à d.: Sabine Berger (kiné), Frédérique Verhulst (directrice) et Aurore Caig

© RTBF

01 sept. 2020 à 16:06 - mise à jour 01 sept. 2020 à 16:06Temps de lecture4 min
Par Jean-Claude Hennuy

C’est la rentrée scolaire, aujourd’hui, dans la plupart des écoles secondaires. Une rentrée avec consignes sanitaires en code jaune imposant notamment le port du masque pour le personnel et les élèves. Dans l’enseignement spécialisé, l’application de certaines mesures comme le respect de la distanciation physique constitue un véritable défi, en dépit de quelques règles plus souples que dans l’enseignement ordinaire.

A l’Escalpade, dans la section secondaire située à Limal (Wavre), direction, enseignants et autres kinésithérapeutes se sont réunis en assemblée générale, ce mardi. Une assemblée exceptionnelle, en mode Covid, après plusieurs mois relativement éprouvants.

L’Escalpade en code jaune

La section secondaire de l’Escalpade, à Limal, est une école de type 4. Elle accueille des jeunes porteurs d’un handicap moteur, atteints d’un trouble autistique ou d’un trouble du comportement ou de l’apprentissage. Soit 80 élèves. Il faut y ajouter 65 élèves en intégration, scolarisés dans plusieurs écoles ordinaires, mais bénéficiant d’un accompagnement spécifique.

Juste après le confinement, l’établissement a connu des heures difficiles. "En mai, une partie des élèves n’a pas pu reprendre les cours en présentiel", explique la directrice Frédérique Verhulst. "Des élèves de grande dépendance, qui avaient besoin d’une proximité de la part des enseignants et des paramédicaux, ne pouvaient pas respecter ni faire respecter la distance d’un mètre et demi vu les consignes imposées à ce moment-là. Ces élèves doivent être aidés pour se déplacer, pour manger, pour avoir des soins de nursing,… Respecter cette distanciation était impossible. Ils n’ont donc pas pu revenir et ont dû suivre les cours à distance". Ces élèves ont donc été privés d’école et d’une partie de contacts sociaux pendant des mois.


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


Reprendre et réapprendre

Aujourd’hui, tous les jeunes sont de retour. Ceux qui auraient des difficultés à retrouver le rythme scolaire pourront être soutenus par les deux psychologues du site. Certains élèves sont dispensés du port du masque. Mais le personnel tentera, autant que faire se peut, de garder la distance nécessaire pour éviter une possible contamination.

"Ce ne sera pas toujours facile" explique Aurore Caignau, enseignante. "Donner cours sans jamais approcher l’élève, ce n’est pas évident. Mais on fera le maximum pour que tout se passe bien. Par ailleurs, nous devrons aussi aider les jeunes à retrouver confiance en eux, après ces mois difficiles. Nous devrons être très attentifs, surtout à l’égard de ceux qui ont été absents pendant des mois. Nous aiderons aussi les élèves à reprendre confiance dans leurs capacités d’apprentissage. Nous devrons aussi faire des rappels, car certaines matières n’ont pas pu être enseignées à cause du confinement. Nous allons aussi essayer de diversifier nos activités, de dynamiser les cours et d’assurer une reprise souple et progressive. Il faut pouvoir s’adapter. En tout cas, nous sommes heureux de reprendre les cours cinq jours sur cinq. Et je pense que les élèves aussi !"

Mesures adaptées

"Même s’il a fallu attendre le 18 août pour être fixés sur les mesures officielles, nous sommes soulagés d’effectuer cette rentrée particulière en code jaune", explique la directrice. "Les consignes sont tout de même moins strictes qu’à la fin de l’année scolaire. De plus, nous pouvons être un peu plus souples sur certains points, comme la dispense du port du masque" pour les élèves qui seraient dans l’incapacité de le mettre ou de le supporter.

"Ce sera à nous à faire attention, par exemple lorsqu’on aide un élève en chaise roulante à se mettre debout. Nous devrons porter des gants, utiliser du gel hydroalcoolique, désinfecter les poignées, respecter les gestes barrières, etc…", souligne Sabine Berger, kinésithérapeute.

Pour d’autres situations plus délicates, comme les soins de nursing, la direction a pris une série de mesures sanitaires. "Le personnel est équipé de blouses de protection. Il porte déjà des gants. Et portera en plus un masque à chaque intervention. Les sanitaires seront encore plus désinfectés qu’en temps normal. Et pour les guidances alimentaires (les élèves qu’on doit nourrir), on a également prévu des blouses pour se protéger des projections".

Agenda modifié

Enfin, l’agenda des activités a également été modifié. "La réunion des parents est reportée à octobre. Certaines activités sont postposées. Les journées pédagogiques n’auront lieu qu’en 2021. Les sorties scolaires sont annulées. Evidemment, nous organisons beaucoup d’activités en classe, en petits groupes. Nous verrons comment la situation évolue. On s’adapte. Mais je dois vous avouer qu’on espère un nouvel assouplissement des consignes, dès que possible", avoue la directrice.

Direction, personnel, familles et élèves soulèvent des montages pour trouver une solution à chaque problème, dans l’enseignement spécialisé. C’est le cas aussi de la maman d’une jeune élève qui doit suivre des séances de kiné respiratoire. "Ma fille n’a pas le droit d’avoir ses séances à l’école. C’est la situation actuelle qui l’exige. Je dois donc trouver une solution à l’extérieur. Mais je garde le moral. On trouvera une solution !"

Articles recommandés pour vous