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L’inflation aurait-elle raison du streaming musical ?

Les jeunes Britanniques sont les plus susceptibles de renoncer à leur abonnement à Spotify, Amazon Music et consorts pour composer avec l’inflation.

En période de crise, il n’y a pas de petites économies. Alors que l’inflation est au plus haut au Royaume-Uni, les Britanniques renoncent à certaines dépenses liées aux loisirs. Nombre d’entre eux envisagent ainsi d’annuler leur abonnement à un service de streaming musical dans les prochains mois. Décryptage.

Cela fait des années que le marché du streaming musical est en plein boom. A tel point qu’il représente, désormais, le principal vecteur mondial d’écoute de la musique. Sur les 25,9 milliards de dollars de revenus engrangés par la musique en 2021, 16,9 milliards provenaient du streaming, selon le dernier rapport annuel de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI). Entre 2020 et 2021, les revenus de ce mode de consommation musical ont ainsi augmenté de 24,3%.

Mais il semblerait que cette croissance connaisse un certain ralentissement à cause de la hausse généralisée des prix. Ce phénomène est particulièrement visible au Royaume-Uni, où le taux d’inflation devrait atteindre 11% à l’automne. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement (déjà critiqué) de Boris Johnson, mais surtout pour les Britanniques.

Beaucoup sont contraints de revoir leurs dépenses à la baisse, notamment celles liées au divertissement. Plus d’un million d’abonnements à des services de streaming musical ont ainsi été résiliés durant le dernier trimestre de 2022, d’après l’institut de données et d’études Kantar. Deux tiers des Britanniques ont pris cette décision dans un souci d’économies. Ce chiffre est en hausse de 4% par rapport à la même période l’année dernière.

Les jeunes Britanniques sont les plus susceptibles de renoncer à leur abonnement à Spotify, Amazon Music et consorts pour composer avec l’inflation. "Le pourcentage des moins de 35 ans abonnés à un service de musique en streaming a chuté de 57% à 53,5% d’une année à l’autre", explique Kantar dans son dernier rapport. Ce phénomène n’est pas propre au Royaume-Uni : 5 millions d’Américains ayant moins de 35 ans ne paient plus pour écouter de la musique en ligne.

Cela fait quelques mois que les analystes craignent que le streaming musical connaisse le même avenir que son cousin vidéo. Netflix a déploré, en avril, une baisse de 200.000 abonnés en raison de la guerre en Ukraine, mais surtout de facteurs structurels comme le partage de comptes et la concurrence de nouveaux entrants sur le marché. "En période d’incertitude financière, les services doivent être indispensables dans l’esprit des abonnés", avait alors expliqué Dominic Sunnebo, directeur des études mondiales chez Kantar Worldpanel, au Guardian.

Les plateformes de streaming musical semblent l’être davantage que les fournisseurs de SVoD. Les analystes de Goldman Sachs estiment ainsi que 1,26 milliard de personnes paieront pour écouter de la musique en streaming d’ici 2030. Et ce, en dépit de l’inflation et de la hausse généralisée des prix. Le streaming musical semble encore avoir de beaux jours devant lui.

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