Actualités locales

L’inflation touche aussi les hôpitaux

16 août 2022 à 16:36Temps de lecture2 min
Par Julien Malpas avec Simon Gerard

Blouses, gants, réactifs… Du matériel indispensable pour les hôpitaux. Mais se les procurer coûte de plus en plus cher. La faute à l’inflation. Après la crise du Covid, les hôpitaux sont désormais confrontés à un nouveau défi.

Selon Sébastien Libert, chef du service achat et logistique au GHdC (Grand Hôpital de Charleroi) : "En moyenne, entre 2021 et 2022 nos prix d’achat ont grimpé de 8%. Cela représente une augmentation de 1,4 million d’euros. Les kits opératoires ont augmenté de 10% à 20%, le coût du papier a grimpé d’environ 60%, et les denrées alimentaires coûtent entre 20% et 30% plus cher". Cette hausse se remarque aussi sur le matériel de bureautique. Sans oublier les prix de l’énergie qui pèsent également sur les portefeuilles des hôpitaux.

Mais là où l’inflation se fait le plus sentir, ce sont les salaires. Comme l’explique Gauthier Saelens, directeur général du GHdC : "50% du personnel hospitalier est financé par les honoraires médicaux. Et ces honoraires sont indexés de manière beaucoup plus lente que l’inflation. On a donc un écart extrêmement important qui se chiffre, chez nous, à 2,5 millions d’euros nets en 2022. Mais à cette augmentation, il faut aussi rajouter les prix des dispositifs médicaux, des investissements du petit matériel, et de l’ensemble des filières de coût de notre hôpital. Et là, ça se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’euros rien que pour cette année. Car même si l’on a des contrats, les fournisseurs doivent répercuter cette inflation".

Dans les sous-sols du GHdC, le stock est toujours suffisant. Mais remplir les armoires est de plus en plus compliqué.
Dans les sous-sols du GHdC, le stock est toujours suffisant. Mais remplir les armoires est de plus en plus compliqué. © J.M.

Pas de mauvaise surprise pour les patients

Les hôpitaux sont donc dans le rouge, mais une chose est sûre : le surcoût ne sera pas payé par les patients. "Nos recettes sont fixées par différentes réglementations, et donc, nous ne pouvons pas répercuter cette hausse des prix sur les patients." explique Gauthier Saelens. Les hôpitaux doivent donc faire le gros dos pour assumer eux-mêmes ces surcoûts.

Mais alors, quelles solutions ? Pour le directeur général du GHDC : "Les autorités doivent ajuster le financement des honoraires médicaux, et mettre en place un dispositif, ne serait-ce que temporaire, pour rapprocher l’indexation des honoraires de l’indexation des salaires."

Si à court terme les hôpitaux ne risquent pas de mettre la clé sous la porte, il faut tout de même rester attentif à la moindre dépense et gérer les comptes de manière extrêmement rigoureuse.

Sur le même sujet

Hausse de 61% des coûts énergie, Covid, paiement des pensions : les inquiétantes finances des hôpitaux selon Belfius

Belgique

Prix de l'énergie : plusieurs hôpitaux demandent une intervention des pouvoirs publics pour affronter la crise

Régions Brabant wallon

Articles recommandés pour vous