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Quel Temps!

L’influence de la météo sur la fabrication et la conservation du parfum

Guy Delforge

On ne le sait peut-être pas mais le parfum est très fragile. Il doit impérativement être à l’abri du soleil sinon les molécules peuvent changer et modifier la senteur finale.

La fabrication du parfum n’échappe pas à cette règle et ce n’est donc pas par hasard que la parfumerie Guy Delforge est installée dans un endroit atypique. Rencontre avec son successeur, Charles Kerangoff, au cœur de la citadelle de Namur.

C’est une adresse bien connue des Namurois pour ses parfums élaborés et créés sur place mais pas que. Ce qui fait la particularité de cette maison, ce sont les lieux parfaitement adaptés comme nous l’explique l’artisan-parfumeur : " Nous sommes dans des souterrains, donc à l’abri de la lumière mais aussi en profondeur ce qui signifie une hygrométrie parfaite et une température constante toute l’année qui oscille entre 10 et 15 degrés. Finalement, il y a énormément de similitudes entre le vin et le parfum que nous faisons de façon artisanale avec des procédés tout à fait ancestraux que nous conservons ici".

Les souterrains de la Citadelle de Namur
Les souterrains de la Citadelle de Namur © Guy Delforge
Les souterrains de la Citadelle de Namur
Les souterrains de la Citadelle de Namur © Guy Delforge

Généralement, nous aimons nous parfumer en terminant notre toilette et par facilité, nous le conservons souvent dans notre salle de bains : " C’est le pire endroit pour conserver le parfum. Vous avez les écarts de température importants, de l’humidité provoquée par la douche ou par le bain et pour couronner le tout, un soleil généreux qui tape sur la fenêtre ".

Créer un parfum demande du temps et de la patience. Plusieurs étapes sont essentielles pour sublimer et marier les différentes senteurs : " La première étape, c’est la composition c’est-à-dire assembler les huiles essentielles. On peut également parler de transmission d’une recette secrète qui se passe de parfumeur en parfumeur comme entre Guy Delforge et moi. Après, vient la deuxième étape où on ajoute l’alcool. On l’appelle la macération. Chez nous, cette étape va durer entre trois mois et treize mois, dans nos caves, qui sont magnifiquement faites pour cela. Après, il y a une période de glaçage pendant 24 heures à moins 5 degrés pour figer les impuretés, les filtrer et vient ensuite la mise en flacon ".

Charles Kerangoff – Artisan – parfumeur
Charles Kerangoff – Artisan – parfumeur © Guy Delforge

Le vin et le parfum, de grandes similitudes !

Comme pour le vin, la météo peut impacter la récolte et modifier les senteurs comme le précise Charles Kerangoff : Il y a des millésimes bien sûr avec des bonnes années et des mauvaises années comme pour le vin. Par exemple, la rose de 2017 va peut-être être plus ensoleillée que celle de 2018 et cette différence va se sentir dans la qualité de l’huile essentielle et son prix peut également varier. Il faut aussi admettre que le parfum peut changer d’une année à l’autre en fonction de son millésime ".

Être parfumeur nécessite d’avoir un odorat très développé et qui est inévitablement stimulé par la nature et ce, tout au long des saisons et pour Charles Kerangoff la nature est un véritable cadeau : " Dans la nature, il y a plein de senteurs qui sont là en permanence. Durant le printemps et l’été, toutes ces senteurs-là me titillent de façon permanente mais quand je travaille, je dois me concentrer ce qui nécessite de m’enfermer dans une pièce aseptisée ".

Selon le temps, le parfum n’aura pas la même tenue et le ressenti ne sera pas le même. Les saisons jouent également un rôle dans le choix de notre parfum : " Il y a les parfums d’été et les parfums d’hiver. En hiver, on s’oriente plutôt dans la puissance avec des parfums capiteux. En revanche, durant le printemps ou l’été, on sera plus dans la légèreté et la subtilité ".

 

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