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L’intelligence artificielle peut – elle remplacer les artistes ?

Le marché de l’art s’est depuis peu pris d’engouement pour les œuvres générées par l’intelligence artificielle.
24 févr. 2022 à 08:06Temps de lecture2 min
Par AFP avec RTBF

Ces dernières années, l’intelligence artificielle a réussi à s’infiltrer dans les arts. A tel point que certains redoutent qu’elle puisse remplacer les artistes, en faisant preuve d’imagination. La justice américaine n’est pas de cet avis et affirme que cette technologie ne peut pas détenir de droits d’auteur sur les œuvres d’art qu’elle génère.

Les "machines à créer" ne datent pas d’hier. Mais le marché de l’art s’est depuis peu pris d’engouement pour les œuvres générées par l’intelligence artificielle. L’une d’entre elles, intitulée "Portrait d’Edmond de Belamy", a même été adjugée pour 432 500 dollars chez Christie’s en 2018. Cette toile a été réalisée par une machine imitant l’intelligence humaine, que le collectif français Obvious avait "éduquée" avec plus de 15 000 portraits peints entre le Moyen-Âge et le XXe siècle.

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Mais peut-on dire pour autant que l’intelligence artificielle est une artiste à part entière ? Pas pour les autorités américaines. La commission d’examen des droits d’auteur des États-Unis a récemment déclaré qu’une œuvre d’art doit nécessairement être le fruit d’un esprit humain, pour qu’elle soit protégée par le droit d’auteur. Cette décision fait suite à la demande de Stephen L. Thaler, le président de la société Imagination Engines, Inc.

Le scientifique a entrepris des démarches administratives en 2018 pour que "A Recent Entrance to Paradise" soit attribué à une intelligence artificielle qu’il a inventée. Selon des documents officiels, Stephen L. Thaler affirme que cette œuvre "a été créée de manière autonome par un algorithme informatique fonctionnant sur une machine", sans la moindre intervention humaine.

Rapprocher la machine de l’Homme

Mais la commission d’examen des droits d’auteur des États-Unis refuse d’attribuer les droits d’auteur de "A Recent Entrance to Paradise" à cette intelligence artificielle. L’organisation soutient que cela irait à l’encontre des principes de base de la loi sur le droit d’auteur, selon lesquels toute création doit être le produit d’un esprit humain. "[M.] Thaler doit soit fournir des preuves que l’œuvre est le produit d’un être humain, soit convaincre l’Office de s’écarter d’un siècle de jurisprudence en matière de droit d’auteur. Il n’a fait ni l’un ni l’autre", a-t-elle écrit dans sa décision officielle.

Cette affaire relance le débat autour du rôle de l’intelligence artificielle dans la création artistique. Le deep learning permet en effet aux machines d’apprendre par elles-mêmes. Les GAN (ou "réseaux adverses génératifs" en français) s’appuient ainsi sur des milliers de données pour générer des objets inédits. Cette technique laisse certains scientifiques songeurs. Est-elle la clé pour doter la machine de cette qualité très "humaine" qu’est l’imagination ? Des chercheurs de l’Université de Californie du Sud aiment à le croire.

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