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Lisa LaFlamme a-t-elle été virée à cause de ses cheveux gris ? Les marques de soutien se multiplient dans le monde

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04 sept. 2022 à 11:58 - mise à jour 04 sept. 2022 à 14:24Temps de lecture2 min
Par Lavinia Rotili

Alors que le sexisme au travail persiste, une nouvelle venue d’Outre-Atlantique remet le débat à la Une de l’actualité. Il s’agit de l’histoire de la présentatrice canadienne Lisa LaFlamme, 58 ans et visage de référence de CTV National News, chaîne d’information du colosse médiatique Bell Media.

Présentatrice des journaux du soir pendant plus de 10 ans, elle a travaillé pour la chaîne pendant 35 ans. Fin juin, elle est licenciée par CTV News, officiellement à cause des changements dans les grilles des programmes. Officieusement, chuchote-t-on dans les couloirs, parce qu’elle aurait eu l’audace de ne plus teindre ses cheveux depuis la période Covid. Et le gris, à l’antenne, n’a pas trop la cote au Canada.

Dans une vidéo publiée sur son profil Twitter, la journaliste se dit choquée de la décision de ses anciens patrons et souligne à quel point ce n’était pas son choix de quitter le plateau, mais insiste surtout sur sa gratitude à l’égard du public.

En coulisse, selon les journaux canadiens, la raison du licenciement serait liée à l’image de Lisa LaFlamme à l’antenne : selon le Globe and Mail, le vice-président de la chaîne Michael Melling aurait remis en question le choix de la journaliste de laisser pousser ses cheveux gris. Il aurait demandé qui avait approuvé ce choix. Et, selon les médias locaux, ce serait justement lui qui a communiqué à la journaliste son licenciement.

Un tollé sur les réseaux sociaux

S’en est suivi un tollé sur les réseaux sociaux : les accusations de sexisme et âgisme, une discrimination basée sur l’âge. Le hashtag #KeepTheGrey (Littéralement : "Gardez le gris") a commencé à se répandre sur les réseaux sociaux. Plusieurs entreprises comme Dove et Wendy’s au Canada ont surfé sur la vague en invitant les femmes à partager des photos d’elles avec les cheveux gris.

La campagne n’est pas sans effets : l’édition de Toronto du City News expliquait que Bell Media, la maison mère de CTV News, va lancer une enquête interne sur le licenciement de la journaliste. Deux dirigeants de Bell Media ont dit regretter que la nouvelle du départ de la présentatrice "ait pu donner aux téléspectateurs une fausse impression de la façon dont CTV considère Lisa et sa remarquable carrière" et défend sa politique de protection des travailleurs à l’égard des discriminations.

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L’âgisme, un problème plus large

Mais le cas de Lisa LaFlamme c’est l’arbre qui cache la forêt : l’âgisme est une forme de discrimination assez répandue. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 2021, "une personne sur deux dans le monde aurait des attitudes âgistes, ce qui a des conséquences négatives sur la santé physique et mentale des personnes âgées et leur qualité de vie".

L’OMS estime que cette forme de discrimination a une réelle influence sur la santé physique et mentale des personnes plus âgées, provoquant de l’isolement et de l’insécurité financière.

Son lien avec le sexisme, selon l’OMS, est avéré : "Ce phénomène se recoupe avec, et accentue, d’autres formes de biais et de désavantages, notamment ceux liés au sexe, à la race et au handicap, ce qui a des conséquences négatives sur la santé et le bien-être des personnes."

Les études en sciences sociales qui se focalisent sur le genre et sur le féminisme et la gérontologie (la banche de la médecine qui s’intéresse aux seniors) ont tardé à s’intéresser à la problématique du vieillissement. De plus en plus d’études commencent toutefois à se répandre à ce sujet, notamment en France, mais en général en Europe.

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