L’isolation en Région bruxelloise, un chantier en bonne voie mais de longue haleine

12 oct. 2021 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Kamel Azzouz

La région bruxelloise s’inscrit concrètement dans le "Pacte vert pour l’Europe 2050" et d’ici 2030 de nombreuses obligations devront être déjà remplies. En termes de consommation énergétique, la majorité des 550.000 unités de logements bruxellois ne répond pas aux standards énergétiques fixés par l’Union européenne. Cependant, isoler et rénover font partie des priorités du gouvernement de Bruxelles-Capitale.

La plupart du bâti bruxellois a été construit avant la Seconde guerre mondiale, et n’a pas été pensé en termes de consommation énergétique. Il faudra attendre la fin des années 80 pour petit à petit intégrer la question de l’isolation dans la construction. Concrètement, la moyenne de la consommation énergétique à Bruxelles est de 350 kWh/m2 /an. A contrario, les nouvelles habitations atteignent un standard de 15 kWh/m2 /an.

PEB : 31% des logements en classe G

Si les bureaux ne présentent pas vraiment de problème étant rénovés régulièrement, le coordinateur à la Confédération Construction Bruxelles-Capitale, Hugues Kempeneers nous fait part de la réalité bruxelloise en termes de rénovation et d’isolation : "On vient d’un bâti qui est très vieux et très dense. Il y a près de 550.000 unités de logements à Bruxelles. C’est quand même énorme sachant que la majorité couvre, en fait, des maisons deux façades, des anciennes maisons de maître subdivisées en appartements".

Sur base de la répartition des certificats PEB à Bruxelles, Hugues Kempeneers souligne aussi que "le vrai problème réside dans le fait que 31% de ces logements sont en classe G. C’est la pire des classes possibles à Bruxelles. A cela s’ajoutent 15 à 20% du bâtiment. Donc, plus de la moitié des logements est égale ou en dessous de la classe E. Ça c’est catastrophique par rapport à la consommation énergétique à Bruxelles."

Rénolution : partenariat public-privé

Après la mise en place de plusieurs politiques publique dont l’Alliance Emploi Environnement, le Programme Régional d’Economie Circulaire (le PREC), le gouvernement bruxellois tape sur le clou énergétique des anciennes constructions avec une nouvelle stratégie de rénovation appelée "Rénolution". Il s’agit d’un véritable partenariat public-privé destiné à accélérer la rénovation énergétique du bâti dans la capitale.

D’ici 2024, plus de 350 millions d’euros publics seront investis afin d’approcher la neutralité carbone à l’horizon 2050. Hugues Kempeneers, coordinateur à la Confédération Construction Bruxelles-Capitale, précise que "l’objectif est de faire passer la consommation moyenne de toutes les habitations de 350 à 100 kWh/m2 /an d’ici 2050. Pour une fois, Bruxelles se donne les moyens de ses ambitions élevées avec Rénolution".


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Hugues Kempeneers insiste aussi sur le fait que "Bruxelles est la région la plus intéressante en termes de primes, d’aides pour l’isolation et la rénovation. Un travail très important au point de vue législatif est aussi en train d’être mené. En revanche, il faudrait encore alléger certaines démarches administratives. Par exemple, isoler un toit exige un rehaussement de 18 cm et nécessite un permis d’urbanisme dont la procédure reste longue et lourde. Il faut encore y travailler, car aujourd’hui et malheureusement, ça traîne encore la patte."

Si la Région bruxelloise impose déjà des standards énergétiques plus sévères que dans le reste du pays sur ses nouvelles constructions, rénover et isoler à long terme les vieux bâtis s’avère être un chantier de longue haleine.

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