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Guerre en Ukraine

"L’isolement économique et politique de la Russie va peut-être faire réfléchir Poutine" estime Quentin Michel, professeur de sciences politiques à l’ULiège

28 févr. 2022 à 21:19 - mise à jour 28 févr. 2022 à 23:38Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Doit-on s’attendre à une extension du conflit hors de l’Ukraine ? Les sanctions européennes vont-elles avoir un impact ? Faut-il craindre la menace nucléaire ? Au 5e jour de guerre en Ukraine, QR l’actu fait le point et tente de répondre à vos questions avec Quentin Michel et Tanguy De Wilde, professeurs en sciences politiques à l’ULiège et à l’UCLouvain.

3e guerre mondiale ?

Plutôt que de parler d’un conflit armé généralisé, Quentin Michel estime qu’il est possible que ce conflit tourne à une guerre économique, une guerre de réseau, du net. "L’Union européenne et d’autres états se sont mis à la disposition de l’Ukraine pour soutenir les combats sur place mais ne se sont pas engagés directement dans le combat. Et c’est précisément, cette limite qui n’est pas à franchir".

Si l’Europe n’intervient pas militairement rappelle Tanguy De Wilde, c’est tout d’abord parce que l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN :" L’OTAN pourrait intervenir militairement pour aider un pays agressé mais dans ce cas-là, il faudrait une décision politique. Et la décision doit faire la balance entre le coût et le bénéfice politique. Une intervention militaire ne mènerait peut-être pas à une guerre mondiale mais en tout cas à un conflit généralisé en Europe et donc à une dangereuse escalade".

Effets des sanctions ?

Pour Tanguy De Wilde, il est clair que Vladimir Poutine s’attendait à des sanctions relativement fortes parce qu’il savait ce qui c’était passé en 2014 quand il y a eu le rattachement de la Crimée à la Russie. Mais sans doute pas d’une telle ampleur : "De Washington à l’Australie en passant par l’Europe, il y a une réaction coordonnée. Il devait certainement tabler sur certains atermoiements européens ou autre division. Certains états ont des relations amicales ou plus commerciales avec la Russie, pourtant, il n’y a pas eu de coup de frein dans cette réaction internationale". Et selon Quentin Michel, ces sanctions pourraient vraiment avoir un effet sur Vladimir Poutine :" L’ampleur des sanctions n’a rien à voir à ce qui avait été adopté en 2014. Aujourd’hui, c'est un phénomène quasiment international. Beaucoup d’états adoptent des sanctions ou s’alignent contre le régime de Vladimir Poutine. On peut donc espérer que l’isolement politique et économique va peut-être faire réfléchir Vladimir Poutine".

Risque nucléaire ?

Le risque nucléaire existe par nature dès qu’il y a des armes nucléaires explique Tanguy De Wilde "Pendant la guerre froide, on a longtemps estimé qu’une guerre nucléaire pouvait même se déclencher par erreur, par accident. Par contre, brandir la menace nucléaire ou plutôt rappeler la possession des armes nucléaires fait partie d’une tactique de Vladimir Poutine. C’est une escalade pour une possible désescalade. Il faut montrer sa force avant d’éventuelles négociations".

Quentin Michel ajoute que le discours de Vladimir Poutine est souvent très agressif mais il ne croit pas à un conflit nucléaire : "Quel serait l’intérêt de Vladimir Poutine à utiliser l’arme nucléaire ? L’arme nucléaire détruit un espace pour longtemps et l’intérêt de la Russie, c’est de se saisir de l’appareil économique de l’Ukraine, pas de l’anéantir. Et envoyer des ogives contre des états européens, on est selon moi en pleine fiction".

 

 

 

 

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