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Los Bitchos : Viva la Fiesta !

04 févr. 2022 à 07:00Temps de lecture5 min
Par Guillaume Scheunders

Il est enfin là : le premier album du quatuor londonien Los Bitchos est sorti ce vendredi et nous permettra de passer autre chose en boucle que leur excellente session KEXP, enregistrée lors des Transmusicales de Rennes en 2019. Pour l’occasion, on s’est levés tôt pour poser quelques questions à Serra Petale, la guitariste du quatuor, qui nous a répondu en direct de Melbourne.

Il est 8h30 lorsque l’on ouvre la discussion vidéo avec Serra Petale. Alors qu’on finit tout juste notre déjeuner, elle, s’apprête à souper. Résidant à Londres, elle est revenue du côté de Melbourne, notamment pour passer une journée à l’Open d’Australie avec sa mère. Mais alors que les yeux du monde sont tournés sur l’affaire Novak Djokovic, les nôtres sont tournés sur Let The Festivities Begin !, le premier album de Los Bitchos, qu’elles attendaient de sortir depuis plus d’un an. Gardées occupées par quelques dates et une émission de radio sur Worldwide FM, Planet Bitchos, les quatre musiciennes trépignaient d’impatience à l’idée de dévoiler ce premier opus.

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Quatro

Los Bitchos, c’est l’aventure de quatre musiciennes. Quatre, comme les quatre fantastiques, comme les quatre cordes de la basse (si bien maniée chez elles) ou surtout comme les quatre coins du monde, d’où elles sont issues. Agustina Ruiz (keytar) vient d’Uruguay, Josefine Jonsson (basse) de Suède, Nic Crawshaw (percussions) d’Angleterre et Serra Petale de l’est de l’Australie. De quoi offrir un melting-pot d’influences qui se marient spontanément dans leur musique. "À travers Agustina et son groupe d’ami.e.s, j’ai appris beaucoup sur la cumbia et la musique d’Amérique du Sud", explique Serra, "J’adore la musique latine, mais ce que j’entendais, c’était surtout une version Nord-américaine de cette musique. J’ai donc appris beaucoup sur ce genre qui était totalement inconnu pour moi auparavant. Josefine vient de Suède, là où ils font la meilleure musique du monde. Abba, Roxette, Ace of Base… Elle a ça dans le sang, c’est une formidable bassiste. Et puis Nic, elle vient d’Angleterre, là où l’on fait aussi la meilleure musique du monde. Elle était batteuse dans un groupe de punk, donc elle a ses racines là-dedans." Et elle aussi apporte sa touche personnelle : "Ma mère est turque, donc j’ai grandi avec beaucoup de musique turque. C’est une énorme influence, surtout dans les mélodies et les accords que j’aime utiliser, car ils sonnent bien pour moi. Et on aime toujours mieux produire ce qu’on aime."

 

 

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Girls Just Wanna Have Fun

Du quatuor ressort une énergie positive qu’elles communiquent en chanson. Le titre de l’album n’est pas choisi au hasard : Let The Festivities Begin !, c’est une ode à la fête, au plaisir et à l’hédonisme. "La base de ce groupe, c’était juste de faire un projet marrant. C’est l’une des choses que je préfère chez Los Bitchos. Nous ne prenons pas notre travail trop au sérieux. Évidemment, on travaille dur, on veut que notre musique soit la meilleure possible. Mais le but final c’est de s’amuser, passer des bons moments avec ses ami.e.s et ses proches. C’est en tout cas ce que l’on a essayé de capturer pendant les enregistrements." Un état d’esprit qui se ressent très fort et qui a encore plus d’écho dans le contexte actuel.

 

Même si tu as écrit des chansons il y a des années, je pense que ça résonne maintenant plus que jamais. Au final, les gens veulent juste passer du bon temps, des bons moments avec leurs amis, écouter de la bonne musique, boire des bières et quelques tequilas… On a eu assez de moments tristes et tragiques.

Le fun, c’est la caractéristique principale du groupe et ce depuis leurs débuts. La rencontre entre Agustina et Serra était d’ailleurs plutôt dans cet esprit. "J’ai rencontré Agustina à une fête d’une amie commune. Ce jour-là, je suis tombée dans un étang. Je ne regardais pas et je me suis retrouvée dedans, les jambes trempées. Agustina a été super gentille et bienveillante, elle m’a aidé à sécher mes vêtements." De quoi briser la glace et commencer une belle amitié.

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Girl Gang

En quelques années d’existence, Los Bitchos a réussi à conquérir le cœur de pas mal de personnes en ayant sorti très peu de sons. Évidemment grâce à leur talent majoritairement, mais aussi grâce à leur allure de "cool girls", qui s’entraident et s’apprécient, ce qui leur confère un boost de capital sympathie. "On ne force pas notre image, ce qu’on renvoie, c’est nous, c’est la façon dont on se comporte. C’est facile de projeter cette image puisque c’est la vérité. Mais je pense que c’est important pour les jeunes filles et garçons de voir ça. Indifféremment de l’âge, du genre, de la sexualité, c’est une bonne chose à voir, ce genre de solidarité."

Dans un environnement musical toujours largement dominé par les hommes, voir un groupe entièrement féminin percer apporte un peu de fraîcheur. Mais pour Serra Petale, leur genre n’a jamais été un frein dans leur parcours. "On n’y a jamais pensé. J’ai été très chanceuse de grandir en Australie dans une famille qui n’a jamais utilisé mon genre pour me dire que je pouvais ou pas faire quelque chose. Je comprends que c’est une position extrêmement privilégiée. Beaucoup de femmes ont eu d’horribles expériences et nous avons beaucoup de chance d’être entourées d’une super équipe qui nous encadre et nous permet d’avancer dans la bonne direction."

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Alex Kapranos, la bénédiction

Ce premier album a notamment été rendu possible grâce à leur collaboration avec Alex Kapranos (Franz Ferdinand) qui a accepté d’être leur producteur. Ils se sont rencontrés un peu par hasard dans une petite salle londonienne et il a directement aimé leur musique. Lorsqu’elles lui ont proposé de les aider au niveau de la production, il a accepté sans hésiter. "Alex était une véritable bénédiction. J’ai travaillé avec beaucoup de producteurs auparavant, tous très différents évidemment. Mais Alex était extrêmement impliqué." Le Britannique assistait à leurs répétitions, leur donnait des conseils, cherchait à améliorer des détails, trouvait les meilleurs grooves et travaillait à une parfaite alchimie entre Nic et Josefine. Mais au-delà de l’aspect technique, c’est le côté humain qui a rendu cette aide si particulière. "Je pense que ce qui a rendu cette collaboration si spéciale, c’est qu’il est venu comme un membre de notre famille, pas juste comme un type avec qui on bosse. Il l’a fait parce qu’il le voulait."

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En attendant Tarantino

Indéniablement, la musique instrumentale de Los Bitchos évoque le monde du cinéma. "Vu qu’on n’a pas de paroles dans nos chansons, c’est beaucoup plus simple de raconter une histoire où la musique accompagne juste les images." Leur série de trois clips, réalisés par Tom Mitchell, en est la parfaite illustration. On y découvre un univers singulier, comme si l’équipe de Scooby Doo s’était perdue dans un film de Tarantino. Leur style vestimentaire tout droit sorti des années 70 les ancre encore plus dans cet univers. "On aime les années 70. Même si, personnellement, je suis un peu plus 80’s. En fait, j’aime la musique de toutes les décennies, mais les années 80 résonnent vraiment beaucoup pour moi, au niveau du style de production. Les années 70 sont géniales, mais je les aime surtout en termes de mélodies. On aime bien la mode de ces années-là également, on y fait beaucoup référence dans notre esthétique", explique l’Australienne. Ajoutez à cela un mélange de guitare surf et de cumbia et vous avez l’essence même de Los Bitchos.

Quentin, appelle-nous, on est prêtes !

Le grand rêve de Los Bitchos, c’est que leur musique soit utilisée dans un film de Quentin Tarantino. Et même y jouer, pourquoi pas ? "Bien sûr ! Quentin, appelle-nous, on est prêtes !". En tout cas chez Jam, on voit totalement les quatre filles dans le prochain film de Q.T. !

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