Santé & Bien-être

L’ostéoporose provoque une fracture toutes les 6 minutes en Belgique

20 oct. 2022 à 04:00Temps de lecture3 min
Par Johanne Montay
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L’ostéoporose, une maladie qui résonne particulièrement aux oreilles des quinquas. Après 50 ans, cette maladie fragilisant les os touche plus de 680.000 personnes en Belgique. Les femmes y sont plus particulièrement exposées à partir de la ménopause.

On estime qu’après 50 ans, une femme sur 3 et un homme sur 5 subiront au moins une fracture par fragilité au cours du restant de leur vie. Encore un chiffre : chaque année, en Belgique, cette maladie provoque plus de 100.000 fractures, ce qui revient à 274 fractures par jour ou une fracture toutes les 6 minutes.

C’est le cas de Martine, 65 ans, qui se souviendra de ce dîner au restaurant. C’était il y a 8 ans. Faites le décompte, elle affichait donc 57 printemps : "Je me suis retrouvée par terre, ne sachant ni pourquoi ni comment. Il a été impossible de me déplacer. Je suis allée au CHU de Liège où j’ai été prise en charge. C’était une fracture de la hanche." L’opération n’a pas manqué. Mais il fallait investiguer davantage.

En effet, un peu jeune, pour ce type de fracture… Intrigué, le corps médical lui fait passer un examen de densitométrie osseuse, un examen par rayons X qui mesure la densité des os. Et c’est là qu’on a découvert son ostéoporose.

Une maladie silencieuse

L’ostéoporose diminue sensiblement la qualité de vie des patients et patientes. C’est une maladie chronique, qui nous colle aux os et qui engendre aussi des coûts considérables, en raison du traitement des fractures. Les chutes sont les principales responsables de ces fractures osseuses. Les plus courantes sont celles de la hanche, des vertèbres, de l’avant-bras et de l’épaule. Elles se produisent car la masse de l’os a diminué et la structure interne du tissu osseux s’est détériorée.

En 2003, l’Union européenne publiait un plan d’action pour une "Europe exempte de fractures par fragilité". Elle projetait d’ici 2025 une augmentation du nombre de fractures liées à l’ostéoporose ainsi que du coût annuel total de la santé en Europe, et l’estimait à 31,8 milliards d’euros (contre 14,7 en 2003).

Près de 20 ans plus tard, l’ostéoporose est toujours insuffisamment détectée et traitée. La Docteure Audrey Neuprez, spécialiste en médecine physique et réadaptation au CHU de Liège, parle de "maladie silencieuse" : "Elle ne donne pas des douleurs, des plaintes, elle n’altère pas la qualité de vie, donc on n’est pas conscient qu’on est porteur de l’ostéoporose. Souvent, elle se révèle le jour où arrive la conséquence, qu’est la fracture et c’est à ce moment-là qu’on se rend compte qu’il y a une fragilité osseuse, ce qui explique le sous-diagnostic et la sous-prise en charge."

Il existe pourtant des outils de dépistage et de diagnostic, ainsi que des moyens de traitement efficaces. La sensibilisation à l’ostéoporose est essentielle pour que les patients en parlent avec leur médecin.

Plusieurs formes

Les causes de l’ostéoporose ne sont pas encore toutes connues. Il est vrai qu’on distingue plusieurs formes de la maladie. On parle d’ostéoporose primaire, principalement lorsqu’elle est liée à l’âge, comme c’est le cas chez les femmes en raison de la ménopause. Les hormones, les œstrogènes, ont un effet protecteur sur le remodelage de l’os. Elles favorisent son renouvellement. Mais lors de la ménopause, la femme subit un déficit de ces hormones, ce qui provoque une accélération de la perte osseuse et une augmentation du risque d’ostéoporose. L’âge est également un facteur de risque chez les hommes, pour d’autres raisons.

Plus rarement, certains individus très jeunes (25-30 ans) souffrent parfois d’ostéoporose primaire, d’origine génétique.

On parle d’ostéoporose secondaire lorsqu’elle est la conséquence d’une maladie ou d’un traitement. Citons par exemple la polyarthrite rhumatoïde, ou la prise régulière de doses importantes de cortisone, ou de médicaments contre le cancer du sein ou de la prostate.

Faites le test

Le diagnostic d’ostéoporose ne peut évidemment se faire par vous-même. Par contre, il vous suffit d’une minute pour répondre à quelques questions pour évaluer vos facteurs de risque. Différents autotests en ligne sont disponibles. La firme de biotechnologies Amgen vient d’en mettre un nouveau en ligne, à l’occasion de la journée de l’ostéoporose, ce 20 octobre.

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