Régions Brabant wallon

Louvain-la-Neuve : pour promouvoir le commerce de proximité, le Black Friday vire au vert

Treize commerçants ont choisi d’offrir des pommes ce vendredi, plutôt que des réductions.

© S. Vandreck

Treize commerçants, membres de l’association de la dalle à Louvain-la-Neuve, ont choisi de boycotter le Black Friday en organisant un Green Friday, un vendredi vert. Au lieu d’accorder des ristournes, plus ou moins importantes, à leurs clients, ils leur offriront ce vendredi une pomme, bio et locale. "Ce terme "black friday" est tout d’abord assez moche. Nous préférons celui de "green", qui est beaucoup plus symbolique pour nous", explique Géraldine Mila Evera, une des commerçantes à l’origine de l’initiative. La plupart des magasins participants ont en effet une démarche durable, locale, qui n’est pas vraiment en phase avec les objectifs commerciaux du black friday. "C’est aussi un peu bête de faire des promotions à un mois des fêtes de fin d’année et à un mois et demi des soldes, alors que nos stocks sont remplis, remarque-t-elle. En Belgique ou en Europe, ça n’a aucun sens de faire un Black Friday, vu qu’on ne fête pas Thanksgiving. Aux Etats-Unis, ça dure une seule journée, alors qu’ici on voit des commerces qui font ça pendant tout un week-end, voire une semaine ou deux, ça n’a aucun sens !"

A force de faire des réductions à outrance, les gens n’achètent plus au prix normal

Cette opération alternative a aussi pour but d’attirer l’attention sur la fragilité des petits commerces indépendants, qui n’ont pas autant de marges bénéficiaires que les grandes enseignes. "Ces réductions, ça fait plaisir aux clients, mais on veut aujourd’hui se revendiquer en tant que petit commerce, attirer l’attention sur le fait que ces commerces sont précieux. On préfère donc ne pas faire de grandes ristournes ce jour-là", ajoute Marie-Eve, gérante d’une boutique de déco, qui a rejoint le mouvement. "A force de faire des réductions à outrance, les gens n’achètent plus au prix normal et ne viennent plus que quand il y a des promotions", déplore encore Géraldine. Ce qui a forcément un impact sur la marge bénéficiaire du commerçant, déjà mise à mal par la situation de crise actuelle.

Garder des marges correctes, pour les commerçants comme pour les producteurs

Certains commerçants, qui vendent des grandes marques, qui font elles-mêmes de grosses réductions à l’occasion du black friday, n’ont pas d’autre choix que de suivre la tendance. Mais d’autres, comme Géraldine, reçoivent l’injonction contraire de la part de certains fournisseurs : interdiction de vendre leurs articles à prix réduit : "Souvent ce sont des fournisseurs qui pratiquent des prix justes, qui ne font pas des marges à outrance comme dans certaines enseignes, précise-t-elle. On a des marges correctes qui nous permettent d’avoir un salaire correct et de payer le producteur de manière correcte". Pour cette commerçante et de nombreux petits indépendants, le black friday serait donc loin d’être une opportunité de toucher une nouvelle clientèle. Ils sont d’ailleurs 70% à ne pas y participer, selon une enquête du syndicat neutre pour indépendants.

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