Tendances Première

Luc Dechamps : "Non, il n'est pas trop tard pour le climat, il y a des choses à faire"

01 févr. 2022 à 18:09Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

2019, des milliers de jeunes manifestent chaque semaine pour clamer leur droit à un avenir climatique viable. Luc Dechamps (Ici, la Terre) les a accompagnés, a capté leur ressenti et enregistré leurs questionnements. En réponse aux interviews de ces jeunes, il est parti à la rencontre d’acteurs de terrain qui vivent déjà des futurs possibles, en Australie et en Belgique. Le résultat, c’est le documentaire 'On a le temps'

"Plus chaud, plus chaud que le climat, on est plus chaud que le climat", c'est le slogan que les jeunes scandaient tous les jeudis en 2019. Le mouvement n'a cessé de s'amplifier de semaine en semaine, jusqu'à atteindre de 30 000 à 50 000 personnes chaque jeudi, voire plus.

Dès décembre 2018, Luc Dechamps, le réalisateur du documentaire Ici, la Terreavait commencé à filmer la première manifestation nationale pour le climat, qui avait rassemblé 100 000 personnes. Puis ce sont les jeunes plus particulièrement qui se sont mobilisés.

Ce qui l'intéressait, c'était leur questionnement. Pour On a le temps, Il a enregistré toutes leurs questions, des plus pertinentes aux plus farfelues, puis il a soumis ces questions à des vieux sages, à des experts, à des gens qui ont des idées et des solutions.

Le film est une espèce de ping-pong entre le questionnement des jeunes et les réponses recueillies à droite et à gauche.

Une énergie folle !

Ce mouvement très particulier a rassemblé des écoles entières qui venaient en car, et dont les directions fermaient les yeux sur les absences des élèves. Il y avait même des petits bouts de 8 ou 9 ans qui venaient avec Madame.

J'ai trouvé qu'il y avait là-dedans une énergie folle, un enthousiasme ! Bon les gars, c'est bien, vous vous réveillez ! Et tu as envie de les soutenir ! Et tout ça dans le bonne humeur, il n'y avait aucune agressivité. Oui, il y avait des revendications et des vrais émotions, des éco-anxiétés, plus chez les filles que chez les garçons. J'ai trouvé les filles très actives, très participatives, avec une envie de faire bouger les choses.

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We have that power !

L'énergie des jeunes se transmet aux experts que Luc Dechamps a consultés et les porte à continuer dans leur voie. Il y a parmi eux David Holmgren, l'un des cofondateurs de la permaculture, un monument de clairvoyance et de positivisme. Dans les années 70, ils clamaient : le problème est la solution.

Car non, il n'est pas trop tard. Non, on ne va pas tous se suicider. On va essayer de construire les choses, il y a des choses à faire, il y a des solutions. Mais elles sont locales, parfois plus internationales. 

Luc Dechamps établit ainsi un ping-pong entre l'Australie et la Belgique, en partie parce qu'il a de la belle-famille en Australie, mais aussi parce qu'il a participé au Festival des Transitions à Melbourne, où il a pu rencontrer David Holmgren, mais aussi Allan Yeomans, le fondateur de l'agriculture Keyline, à l'Université de Melbourne.

"Ce sont des gens qui ne sont pas dans la plainte, mais dans l'action, dans la solution. Car il ne faut pas être aveugle, oui, il y a des problèmes, mais on réfléchit à ce qu'on peut améliorer, le sol, la vie avec les voisins, etc..."

Ce documentaire est aussi une manière de montrer aux jeunes que ce qu'ils font n'est pas inutile, malgré la crise du Covid qui a mis le monde à l'arrêt. 

Il est fondamental que les jeunes se révoltent. Réveillez-vous et révoltez-vous, s'il vous plaît, et vous aurez le soutien de beaucoup d'adultes. C'est l'histoire de la goutte d'eau, de l'effet papillon, tout s'enchaîne. On ne se rend pas compte de l'impact que l'on a.

On a le temps

Le titre du documentaire n'est pas qu'ironique, il y a aussi une vérité, dans le sens où ça ne sert à rien de précipiter les choses, souligne Luc Dechamps.

En Australie, par exemple, où on craint l'érosion par la mer, des millions ont été consacrés à des barrages énormes en béton, qui au final ne servent à rien.

On a le temps, dans le sens où ça ne sert à rien de paniquer ou de s'exciter, mais il faut bien réfléchir aux solutions et ne pas les précipiter.


Le film On a le temps sera programmé à Flagey du 2 au 24 février.

Il y aura une animation-débat le 9 février au W:Hall à Woluwe-Saint-Pierre, avec Adélaïde Charlier et avec des ateliers sur les énergies durables.

Et encore le 10 mars à Perwez.

>>> Plus d'infos sur le site de Flagey, sur le site du Wall ou sur Libération Films.


 

Ecoutez Luc Dechamps dans Tendances Première !

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