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L’Université de Namur a développé un nouveau dictionnaire en français et en langue des signes

Un dictionnaire en ligne inédit dans le monde. Pour la première fois, il permet de traduire une langue des signes en mots, et inversement. Cette avancée, on la doit à l’Université de Namur développant un outil à base de reconnaissance de mouvement et d’intelligence artificielle.

L’outil s’inspire du dictionnaire en ligne Linguee. Concrètement, on dialogue par geste et expression du visage, on dit aussi "signer", devant la webcam de l’ordinateur, et le dictionnaire traduit les signes en mots. Vous avez également la possibilité de voir des exemples dans le cadre d’une conversation. Inversement, vous pouvez écrire des mots et voir la traduction en signe.

Un outil accessible et pédagogique

Maxime André est développeur de l'interface. Il fait une démonstration de l'interface en signant "signer".

Maxime André est le développeur de l’interface, il nous explique comment l’utiliser :
"L’utilisateur se place devant sa webcam. Il se calibre et une fois que le décompte est terminé, il peut commencer à signer. Dans le champ de droite, à côté de notre image en face caméra, on retrouve la traduction en français. En plus de ça, on bénéficie également d’exemples contextuels sous forme d’extrait vidéos."

Intuitif et rapide d’utilisation, l’outil pourrait faciliter l’apprentissage des élèves sourds et malentendants, mais aussi le travail des enseignants. Pour Magaly Ghesquière, coordinatrice pédagogique à l’école Sainte-Marie de Namur, l’outil va considérablement alléger la tâche : "Jusqu’ici, c’était les enseignants qui devaient eux-mêmes, et sans arrêt faire le vocabulaire et se filmer. C’est un travail colossal et chaque année il faut recommencer car il y a de nouvelles expressions. C’est un outil qui va faciliter la tâche des enseignants mais surtout, cela va être un outil d’autonomie."

Romain est un élève sourd de 13 ans.

Pour Romain, 13 ans et élève sourd, plus d’autonomie pour les élèves pourrait améliorer l’inclusion : "Si on met les sourds à part, on n’apprend rien. Et ça nous prépare à la vie future, parce que si on ne sait pas travailler tout seul, on arrivera jamais à rien."

Un dictionnaire en continuelle évolution

Derrière le logiciel se cache une intelligence artificielle alimentée par des vidéos. Pour concevoir le dictionnaire et faciliter l’apprentissage de l’algorithme, des traqueurs sur les mains, les bras et le visage permettent à l’IA de se concentrer sur les signes.

Jérôme Fink explique que l'intelligence artificielle va continuer à s'améliorer au fur et à mesure de son utilisation, on appelle cela du machine learning ou apprentissage automatique.

Jérôme Fink est le développeur de cette intelligence artificielle. Il rappelle que celle-ci n’a pas fini d’apprendre : "Plus les gens vont utiliser notre site internet, plus on va pouvoir récolter des données de personnes qui signent, et plus l’intelligence artificielle va s’améliorer."

Actuellement, l’outil est capable de reconnaître 400 signes. Mais il s’agit ici uniquement de ceux de la "langue des signes francophone de Belgique" (LSFB). En effet, si la langue des signes varie en fonction de la langue, la vlaamse gebarentaal (VGT) ou "langue des signes flamande" pour la Flandre par exemple, elle varie également en fonction des régions, puisque la langue des signes française (LSF) en France n’est pas exactement la même que la LSFB, et même en Belgique francophone, des dialectes ou des variations existent, par exemple entre la Wallonie et Bruxelles. Le nombre des 400 signes actuellement répertorié devrait augmenter tout comme la traduction vers d’autres langues. Le dictionnaire est gratuit et accessible en ligne pour les personnes ayant besoin de l’outil.

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