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L’UZ Brussel ferme son service d’oncologie pédiatrique

08 juil. 2022 à 04:24 - mise à jour 08 juil. 2022 à 18:12Temps de lecture2 min
Par Barbara Boulet

C’est un coup dur pour les enfants qui y sont hospitalisés, ainsi que leurs familles. L’hôpital universitaire UZ Brussel, situé à Jette au nord de Bruxelles, et qui dépend de la Vrije Universiteit Brussel, ferme les lits de son service oncologie pédiatrique, c’est-à-dire le service où sont soignés les enfants qui souffrent d’un cancer.

Cette maman vient juste d’apprendre la nouvelle. Son fils, soigné pour une leucémie, n’aura pas sa prochaine séance de chimio à l’UZ : " Mercredi on a été à l’hôpital pour faire son contrôle sanguin habituel", explique-t-elle. " A la fin du rendez-vous, on a appris qu’on devrait trouver un autre hôpital pour le prochain rendez-vous, prévu dans deux semaines. Là, à l’heure actuelle, on ne sait toujours pas où on va faire le reste du traitement".

Une annonce qu’elle a mal vécue. "Très très mal, clairement. J’ai l’impression qu’on nous laisse tomber, en fait. A mi-chemin, on nous dit qu’on doit trouver une autre solution, faire de nouveau confiance à un autre hôpital avec de nouveaux médecins qui suivent le même protocole".

L’hôpital explique qu’il rencontre des difficultés à recruter des oncologues pour enfants : "Pour différentes raisons, entre autres des pénuries de personnel pour cause de vacances et de maladies, et des changements de personnel, on est dans une situation de manque de personnel. Nous nous voyons donc obligés de devoir transférer les patients suivis ici pour les soins directs vers d’autres hôpitaux", explique Karolien De Prez, porte-parole de l’UZ Brussel.

15 transferts

Au total, ce sont 15 enfants qui doivent être transférés ces jours-ci vers d’autres hôpitaux bruxellois qui disposent d’un tel service (Huderf, Saint-Luc) ou vers d’autres hôpitaux universitaires flamands (Leuven, Gent).

L’hôpital parle d’une phase passagère qu’il compte bien surmonter : "Il s’agit d’une situation temporaire de pénurie de personnel. Nous discutons actuellement avec des médecins pour renforcer l’équipe. On est en Belgique dans une situation de pénurie de pédiatres spécialisés".

"Une situation passagère"?

Pourtant, les soucis de fonctionnement ne datent pas d’hier. Il y a deux ans, déjà, l’UZ avait été confronté à de sérieux problèmes de manque personnel dans le service. Au point qu’il avait alors décidé d’interrompre momentanément l’admission de nouveaux petits patients.

Ces derniers mois aussi, le service a été marqué par d’importantes surplanifications des médecins spécialistes, et par des différents profonds entre médecins et direction. Deux des trois oncologues viennent d’ailleurs de démissionner, exténuées, du service qui accueille, d’après l’hôpital, 25 nouveaux enfants chaque année… Une statistique controversée que nous ne sommes pas en mesure de vérifier.

A la fondation Kickcancer qui finance la recherche sur les cancers des enfants, la fondatrice Delphine Heenen, pense c’est le modèle-même du service d’oncologie pédiatrique de l’UZ qui est à remettre en question. En particulier sa petite taille : "On est convaincus depuis très longtemps que les trop petits centres c’est un problème en oncologie pédiatrique. Non pas parce que les médecins ne sont pas compétents mais parce qu’ils n’ont pas la chance d’acquérir l’expérience qui est nécessaire".

Aujourd’hui l’UZ estime qu’elle est en mesure de poursuivre l’activité de contrôle des petits patients qui sont sortis de la phase principale du traitement.

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