Magnette-De Wever : la fin du début ou le début de la fin ?

Philippe Walkowiak

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13 août 2020 à 09:46 - mise à jour 13 août 2020 à 09:46Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Cinquante jours pour trouver un gouvernement fédéral pouvant succéder à celui de Sophie Wilmès et ainsi, enfin tenir compte du résultat des élections de mai… 2019 ! Tel était le challenge accepté le 20 juillet, par les deux principaux leaders politiques du pays. Pour s’être trop avancés, Bart De Wever et Paul Magnette restent condamnés à réussir ou à valider un échec cuisant.

Mission impossible

Les deux hommes ont en effet renié leurs principaux engagements en relevant ce défi. La crise du coronavirus et ses implications sociales et économiques sont passées par là. Cela permet de justifier les reniements d’aujourd’hui.

Sont-ils pour autant condamnés à réussir ? La N-VA ne peut accepter de gouverner avec le PS que si elle obtient un nouveau transfert de compétences. Les socialistes n’étaient pas spécialement demandeurs mais peuvent vivre avec une nouvelle réforme de l’état, si pour autant ils gardent la main sur des mesures sociales. C’est l’essence du deal qui est sur la table.

Mais les chiffres sont têtus. Une réforme de l’état repose d’abord sur une large majorité que les deux préformateurs ne trouvent pas. Qui plus est pratiquement aucun article de la Constitution n’est soumis à révision. Cette réforme de l’état reste une chimère pour plus tard, pour bien plus tard. Bart De Wever feint de ne pas le voir, Paul Magnette amadoue avec cela les écologistes. L’impasse menace.

Verts ou bleus

Reste le choix de l’allié. Le PS penche pour les écologistes ; cela lui donne une garantie à sa gauche et permet à l’hypothétique coalition ne pas trop pencher à droite. Bonus pour Paul Magnette : Georges-Louis Bouchez vénère d’être mis sur la touche fédérale après 21 ans de présence libérale ininterrompue.

La N-VA préfère le bleu, mais uniquement le bleu flamand. Le Plus personne ne veut encore du MR, de Bart De Wever résonne encore. L’homme est têtu.

L’ambition reste le divorce du couple MR-Open VLD, toujours bien solide. Mais cela permettrait aux nationalistes de couper court aux arguments du Vlaams Belang qui n’aurait de cesse de reprocher à la N-VA de participer à un gouvernement de gauchistes ! Autre souci : cette configuration rendrait la présence francophone une nouvelle fois très minoritaire, ce que le PS ne peut accepter avec l’avoir lourdement reproché à Charles Michel.

Tournez manège !

Libéraux et écologistes viennent en outre d’exprimer leur mécontentement de devoir ainsi jouer dans un mauvais remake de Tournez Manège !, le jeu matrimonial de TF1 des 80’s.

Ils refusent de se voir opposés les uns ou autres ; un peu comme si les préformateurs pariaient sur une baisse de leurs prétentions. Leur fera-t-on porter pour autant la responsabilité de la crise politique ?

Il reste un mois aux préformateurs pour mettre une solution en place. Le 17 septembre, la Chambre est censée voter la fin du gouvernement Wilmès.

Le début de la fin a-t-il commencé ?

 

@PhWalkowiak

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