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Mahina, ce caméléon artistique

Ce 2 mai 2022, Mahina sera en concert au Grand Salon dans le cadre des Nuits Botanique
01 mai 2022 à 16:40Temps de lecture4 min
Par Laurenne Makubikua

À la fois actrice, peintre et chanteuse, Mahina sera à l’affiche des Nuits Botanique 2022, ce lundi 2 mai. Avant de la découvrir sur scène, tirons le portrait de cette artiste aux multiples facettes et plongeons ensemble dans son univers.

Si elle se décrit avant tout comme une artiste touche-à-tout et pluridisciplinaire, ce lundi 2 mai 2022, c’est en sa qualité de chanteuse que le public des Nuits Botanique aura l’occasion d’apprécier une partie de l’étendue de son talent. En véritable caméléon, Mahina aime s’adapter à tous types d’émotions et pouvoir les exprimer à travers différentes disciplines artistiques. "J’ai commencé à me faire connaître avec la musique. Après, les gens m’ont vu au théâtre, et maintenant, je suis en train d’écrire mon livre. C’est comme ça que je vois ma vie d’artiste : en plusieurs et en différentes phases. Et chaque étape est une découverte d’une nouvelle partie de moi", explique Mahina. "Je n’aime pas me limiter dans l’art et j’espère toujours faire quelque chose de nouveau. Je trouve que l’art, ce n’est pas seulement faire ce qu’on sait faire. C’est aussi explorer ce qu’on n’a pas encore fait parce qu’on ne sait jamais comment on peut s’exprimer dedans. Et peut-être que ça va être un talent qui, pour finir, plaira aux gens et à toi-même. Je n’ai pas peur de faire de nouvelles choses. Ça doit rester excitant de faire de l’art."

Petite-fille de l’artiste peintre congolais, Ngandu Muela Kabengi Badu, dès son plus jeune âge, Mahina se découvre un intérêt pour plusieurs types d’art. Elle se passionne notamment pour la littérature, l’écriture, le dessin, mais aussi pour la musique et la danse qu’elle découvre principalement à la télévision. "Je suivais tous les nouveaux clips et toutes les nouvelles chorégraphies sur MTV Base" confie Mahina, avant de poursuivre : "À partir de la génération après mon grand-père, il y a beaucoup d’artistes dans ma famille qui ont fait un peu de tout. Je pense que c’est juste dans les gênes et c’est aussi dû à l’entourage et l’atmosphère dans lesquels on a grandi. On a toujours vu mon grand-père peindre. On a tous un peu grandi dans cet univers culturel et d’art. Ce n’était donc pas vraiment choquant que naisse ce désir de devenir artiste."

Après plusieurs sessions jam entre amis et les encouragements de son entourage, en 2015, Mahina décide de monter sur scène lors de différents micros ouverts "Mama’s Open Mic". C’est suite à ces expériences et les retours qu’elle reçoit lors de ces prestations qu’elle décide de s’enregistrer en studio pour la première fois. Inspirée par des artistes, comme Aaliyah, Erikah Badu, Janis Joplin, Amy Winehous ou encore Michael Jackson et Bob Marley, connus pour leur grande voix, leur charisme, leur attitude et leurs performances artistiques, Mahina façonne peu à peu son univers musical unique et éclectique teinté de R&B et de dancehall.

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Différents organisateurs d’événements et acteurs dans le milieu de l’art commencent à s’intéresser à son talent. C’est notamment ainsi qu’elle atterrit dans l’univers théâtral. En septembre 2019, c’est le début pour elle d’une toute nouvelle expérience artistique "émotionnelle, spirituelle et intense". Elle fait partie du casting des neuf femmes performant dans Dear Winnie, "un spectacle qui a changé toutes les personnes qui ont pris part à cette expérience, parce que c’était très proche de nos vécus et de nos réalités. Ce n’était pas juste jouer de la comédie".

Autre événement qui a marqué son parcours artistique, Mahina passe deux mois de résidence en Ouganda auprès du label Nyege Nyege. En plus d’enregistrer en studio, c’est l’occasion pour elle d’écrire une dizaine de nouvelles chansons, d’arpenter de nouvelles sonorités et de s’essayer à de nouvelles inspirations musicales en travaillant avec des musiciens et beatmakers. De cette résidence, plusieurs singles se sont concrétisés et réalisés. Elle les diffusera d’ici peu. Mais avant cela et après cela, la prochaine grosse échéance, c’est le mois de juin.

En effet, la chanteuse vient de terminer de peaufiner son premier EP composé de quatre titres et intitulé "Reclaiming My Crown". Pour ce projet qui sortira dans le courant du mois de juin, on retrouve en termes de sonorités des influences africaines, reggae, dancehall et soul. "C’est un peu comme un résumé de toutes ces années durant lesquelles j’ai travaillé sur ma musique. C’est un résumé de ce que j’ai ressenti pendant ces quatre ans. Ce ne sont que quatre chansons, mais dans celles-ci, je parle un peu de tout. Je parle de santé mentale, de racisme, de développement personnel (humainement et personnellement parlant), de se déconstruire mentalement, d’acceptation et de compréhension de soi. J’y parle de l’Afrique, mais aussi de ma religion, l’islam et de l’"empowerment" de la femme." Bien que la chanteuse aborde des thématiques sérieuses, elle explique que ses chansons "amènent aussi à la danse, aux hochements de tête et à des moments de détente et de calme".

Actuellement, l’artiste confie vouloir se consacrer à différents projets dont l’écriture de son recueil de poésie, B (l) ack Bone. Dans ce livre poétique, Mahina y déverse son image du monde et l’image que le monde a d’elle en tant que femme noire artiste musulmane. Elle y parle "d’amour, de philosophie, de psychologie, de questions de santé mentale et de toutes ces thématiques de vulnérabilité qui touchent le corps, l’âme et l’esprit. Ce sont les mêmes thématiques qui seront abordées dans mes singles à venir en mai et après l’EP en juin".

Après la Belgian Music Week et le Black History Month Belgium, 2022 a aussi marqué un retour sur scène pour Mahina. Le 2 mai 2022, place aux Nuits Botanique pour son concert au Grand Salon. Elle y partagera la scène avec Reinel Bakole et Sans Soucis. Pour l’instant, même si elle n’exclut pas d’autres dates à venir, celle-ci reste la prochaine unique occasion pour la voir performer.

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