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Mais à quoi joue le directeur général de la ville de Visé ?

L'hôtel de ville de Visé, là où l'humour flirte dangereusement avec ses limites

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21 sept. 2020 à 13:32 - mise à jour 21 sept. 2020 à 13:32Temps de lecture1 min
Par Michel Gretry

C'est le plus haut fonctionnaire de l'administration visétoise, et il est connu pour ses facéties. Au début de la pandémie, il a, par exemple, inséré dans un ordre du jour une proposition de changement de nom d'une voirie en "rue du virus chinois", suggestion aux accents très trumpiens. Cette fois, c'est dans le projet de procès verbal du conseil communal de ce lundi que les élus locaux ont eu la surprise de découvrir le texte d'une interpellation citoyenne prétendument programmée lors de la séance d'octobre. 

Le problème, c'est que l'adresse de cette habitante n'existe pas, telle qu'elle est libellée. La démarche de la dame, qui serait d'origine congolaise, viserait, "à titre de repentance" , à débaptiser la place Reine Astrid, parce qu'elle est "petite-nièce de Léopold II" qui a été "non un souverain mais un propriétaire tyrannique" : elle s'appellerait désormais place Patrice Lumumba, le premier Premier ministre d'après l'indépendance, avec érection "d'une statue monumentale". 

C'est le genre d'affaires qui suscite des débats enflammés. La décolonisation des espaces publics belge est une question sérieuse, et son traitement par la moquerie n'est jamais sans risque. Un détail: la signataire aurait pour patronyme "Ngulu Ngulu", ce qui, en lingala, signifie cochon ou truie, et, par extension, parmi la jeunesse africaine, "traînée". Les limites ont-elles été franchies ? Le document, qui aurait dû rester interne, a suffisamment ému pour qu'il soit diffusé, avec quelques commentaires indignés. 

 

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