Maisons de repos : "Les normes de personnel datent de plus de 40 ans et ne couvrent pas les besoins réels"

Dans une maison de repos

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27 janv. 2022 à 13:01Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien

Une enquête parue en France dénonce l’obsession de la rentabilité au sein du groupe privé de maisons de repos et de soins Orpea. Ce groupe est présent dans 23 pays, dont la Belgique. Et une plainte a été déposée contre une maison de repos de ce groupe située dans le Brabant wallon. Une permanente syndicale dénonce des conditions indignes pour les résidents, elle n’hésite pas à parler de maltraitance : "Tout dernièrement, une aide-soignante s’est retrouvée seule pour s’occuper de 22 résidents positifs Covid", explique Claudia Reckinger (Setca).

Un sentiment de trahison

Le Dr Gaël Thiry, médecin coordinateur dans cette institution, réfute cette accusation : "J’ai une réaction de grande tristesse et de colère, et un sentiment d’injustice dans la mesure où c’est une maison de repos où toute l’équipe de soins et le directeur font vraiment tout ce qui est possible pour faire des soins de qualité. C’est vraiment un sentiment de trahison".

Sans nier le mal-être psychologique des résidents, soumis à des tests et des quarantaines à répétition, le groupe Orpea dit aujourd’hui ouvrir une enquête : "Aujourd’hui nous ne pouvons pas objectiver tout ce qui est remonté par les syndicats, nous sommes toujours en train d’investiguer sur la résidence. Par rapport au manque de personnel, vous savez que nous vivons une crise sanitaire depuis plus de deux ans, et nous n’avons pas été épargnés par cette crise au sein de nos maisons", explique Julie Delrue, responsable qualité chez Orpea Belgique.

En Belgique, le manque de personnel dans les maisons de repos et de soins n’est pas neuf. Cela fait des années que ce secteur est concerné, et crise du Covid avec l’absentéisme n’a rien arrangé, explique Vincent Fredericq, secrétaire général de Femarbel, la Fédération des maisons de repos : "Cela s’ajoute à des normes de personnel qui datent de plus de 40 ans et qui ne couvrent pas les besoins réels. Dans tous les établissements il y a du personnel supplémentaire par rapport au personnel prévu par ces normes, donc au personnel financé qui se trouve à la charge des résidents. Le problème fondamental, et la crise Covid aura peut-être comme conséquence nécessaire d’avoir une vraie réflexion sur les équipes de personnel et les charges de travail qui pèsent notamment sur les infirmiers et les aides-soignants par l’adjonction d’autres catégories de personnel, comme par exemple des assistants logistiques qui peuvent soulager les soignants, pour des réfections de lits ou apporter des repas, qui auront plus de temps pour être auprès des patients".

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